[à voir] L’intégrale des Chevaliers du Zodiaque en famille

Sur l’Octoblog, on pense patrimoine et transmission culturelle. Voici un petit mode d’emploi à l’usage du papagamer souhaitant initier sa progéniture aux joies des mangas « longue durée » des années 80, avec les incontournables Chevaliers du Zodiaque.

Nous avons donc passé tout cet été avec Saint Seiya alias Les Chevaliers du Zodiaque, du 24 juin au 24 septembre, terminant la série ce weekend avec l’affrontement final entre les chevaliers de bronze et le Grand Pope. Trois mois et trois coffrets DVD pour un total de 73 épisodes, soit une moyenne de 6 épisodes par semaine. Un épisode par jour, sauf le dimanche… exactement comme au bon vieux temps !

1) Choix de l’édition et des volumes

Il existe pas mal de coffrets d’intégrales des Chevaliers du Zodiaque en DVD et même désormais en Blue-Ray. Les coffrets DVD que j’ai trouvés étaient d’occasion, achetés séparément sur le net, et ont été livrés en parfait état. Il s’agit de l’édition de 2012 de chez AB Video, composée en tout de cinq coffrets, la Pegasus Box, la Dragon Box, la Cygnus Box, la Andromeda Box et la Phoenix Box chaque box étant décorée du chevalier qui lui correspond et contenant quatre à cinq DVD d’environ cinq épisodes chacun.


Autant le dire tout de suite : j’ai volontairement fait l’impasse sur les coffrets Andromeda et Phoenix. En effet, si les trois premiers coffrets vont de l’épisode 1 à 73, qui clôt la mythique bataille du sanctuaire, les deux derniers coffrets couvrent les épisodes 74 à 114, qui composent les chapitres d’Asgard et de Poséidon. Même si certains crieront au blasphème, je n’aime pas du tout le chapitre d’Asgard, qui m’a autant gonflé par ses longueurs quand j’ai redécouvert la série à 20 ans que quand je l’avais vue enfant. Même chose en ce qui concerne le chapitre Poséidon, qui est plutôt mal fait, avec des ennemis peu charismatiques, et un sentiment de réchauffé qui a définitivement assassiné la série – là presque tout le monde est d’accord. Pour le chapitre Hadès, c’est encore une autre histoire… j’y songe, mais ce sera pour un autre été.


2) Avantages et inconvénients du coffret d’AB VIDEO

D’abord, les avantages : l’image est remastérisée et de très bonne qualité. Plusieurs éléments ont été restaurés, notamment les passages censurés par la version française, les annonces pétaradantes des titres de début d’épisode, et les teasers de fin d’épisode. D’ailleurs, c’est la voix d’Eric Legrand, qui doublait Seiya, et qu’ils ont retrouvé pour l’occasion, même s’il n’a plus autant la pêche qu’à l’époque… ! D’ailleurs il vaut mieux passer ces teasers parce qu’ils divulguent beaucoup d’informations et cassent le suspense. A bon entendeur…

Maintenant le défaut majeurs de ces coffrets : on a droit au minimum syndical, étant donné qu’il n’y a pas de bonus, ni de livrets. Et honnêtement : rien à carrer ! Nous ce qu’on veut, c’est de la vidéo ! Et justement, question vidéo, il y a un tout petit bug : le tout dernier épisode, le numéro 73, est inaccessible lorsque la configuration est réglée sur « générique français » (voir chapitre suivant).


3) Choix de la langue

Les DVD proposent à la fois la VOST en plus de la VF,  cette dernière étant indispensable avec des enfants. Bon : les voix françaises ne sont pas toujours au top, elles varient d’un épisode à l’autre, et font décidément trop adultes par rapport aux voix japonaises. Il faut bien comprendre que dans l’univers de Saint Seiya, les chevaliers de bronze sont des gamins de 13 ans et les chevaliers d’or ont en moyenne 20 ans : dans la VO tout cela transparaît clairement, contrairement à la VF. Après, on dira ce qu’on voudra, mais en dépit de quelques passages, le niveau de français des doubleurs est appréciable, car ils emploient un langage châtié. On est loin des dessins animés de maintenant qui imitent la façon de parler des gens ordinaires, parfois de façon encore plus survoltée et criarde.

Le tout premier épisode français des Chevaliers du Zodiaque est très bavard, ce qui m’a refroidi dès le début et m’a presque donné envie d’arrêter immédiatement l’expérience. Heureusement que ça se calme à partir de l’épisode 2 car ce « meublage » peut vraiment porter sur les nerfs. Le Joueur du Grenier à très bien cerné cette tendance propre aux dessins animés des années 80 dans cette vidéo, qui date d’il y a 7 ans (déjà !) :

>>> Regardez à partir de la treizième minute : c’est édifiant !

Le petit avantage des coffrets de chez AB, c’est d’avoir la possibilité de choisir le générique en VO ou en VF… oui oui, la version chantée par Bernard Minet, comme on l’avait nous à la télé ! Ça peut paraître nase (et ça l’est : ça sent les années 80 à plein nez) mais quand on montre ça à des enfants, ça leur permet de mémoriser les paroles du générique et, comme je l’ai déjà évoqué, le niveau de français reste assez châtié, même dans le générique. C’est formateur, rien qu’a l’accumulation – aujourd’hui impensable – de compléments circonstanciels antéposés : « Des quatre coins de l’univers / Quand triomphe le mal / Sans hésiter… » Le sujet « ils » et le prédicat « partent en guerre » n’arrivent qu’au bout de la troisième strophe ! De quoi désarçonner les nouveaux pédagos en mal de réformes toujours plus simplificatrices de la grammaire… mais bref. Chez nous, on a alterné générique français et japonais un disque sur deux – le générique français a aussi l’avantage d’être plus court, et moins épileptique… mais il fait planter le tout dernier épisode… !

4) Fréquence de diffusion

J’ai donc diffusé en moyenne six épisodes par semaine pendant trois mois, à intervalles irréguliers. Parfois nous regardions des blocs de trois ou quatre épisodes d’affilée, pour avoir l’intégralité d’un combat contre un chevalier d’or par exemple, après quoi nous faisons une pause de quelques jours. Comprenez bien que tout cela n’était pas spécialement calculé. Cet été, pendant que je jouais à Zelda Wind Waker (avec les conséquences qu’on sait), nous avons laissé la série de côté quelques temps : normal, il ne faut pas abuser des écrans avec les enfants, quoi qu’en dise le ministère de l’éducation.

J’avais pour ambition première de boucler la série avant la rentrée car pour moi, l’arc des douze maisons du zodiaque a quelque chose de fondamentalement estival. L’or des chevaliers d’or c’est aussi celui du soleil, de l’écliptique (qui n’a jamais été fasciné par ces douze armures ? J’en veux pour preuve ce site) ! Je voulais en fait rétablir la connexion que j’avais moi-même ressentie entre les Chevaliers du Zodiaque et le temps long des grandes vacances. Mais bon, ça ne s’est pas passé tout à fait comme prévu.


Je me suis en effet questionné sur la violence des Chevaliers du Zodiaque et sur l’impact de cette violence sur le psychisme de mes enfants. Comme avec Zelda Wind Waker,  ça n’a pas raté et j’ai eu droit à des sautes d’humeur inhabituelles, des accidents, des œils au beurre-noir… Mon plus jeune garçon, plutôt turbulent de nature, est vite devenu accro au dessin-animé et j’ai du mettre le holà quelques temps, réguler au maximum l’exposition, tout en faisant un peu de pédagogie. A un moment, j’ai failli tout abandonner.


La petite dernière était un peu moins à fond – normal, pour un dessin-animé de garçons – mais ces derniers temps elle y revenait car c’était devenu l’excuse idéale pour rester avec nous et ne pas aller au lit tout de suite, grâce à un petit rituel mis en place tous les soirs où l’on se retrouvait tous les cinq en famille sur le canapé (vive les Simpsons) ! Le plus grand garçon (17 ans, quand même) et mon épouse n’ont accroché à la série que lorsque nous nous rapprochions des dernières maisons du zodiaque, qui constituent selon moi les meilleurs moments de toute la saga. En effet, tous les épisodes ne se valent pas forcément.


5) Choix des épisodes

Si tout cela était à refaire, je le referais peut-être un tout petit peu différemment. C’est pourquoi, en pensant à vous chers papagamers, j’ai consciencieusement regardé les 73 épisodes de la série en compagnie de mes enfants pour voir lesquels n’étaient pas indispensables. Ce que je propose ici, ce sont quelques conseils pour les plus pressés, et qui vous éviteront de vous écœurer pour rien.

En effet, comme dans toute adaptation de manga qui se respecte, Saint Seiya propose une flopée d’épisodes fillers (de remplissage) pour laisser le temps au mangaka d’avancer dans la série papier. Il en résulte des longueurs frustrantes, des répétitions, voire même des incohérences. A quand un Saint Seiya Kaï sur le modèle de Dragon Ball Z Kaï, qui redécoupe la série en virant tous les flashbacks, longueurs et autres personnages inutiles ?


Ma sélection cadre ainsi davantage avec le manga papier original, et c’est d’ailleurs pourquoi j’ai toujours banni le chapitre d’Asgard, monté de toutes pièces pour la télévision. Pour pallier au manque informatif des épisodes sabrés ci-dessous, on pourra s’appuyer sur les résumés de début d’épisode, amplement suffisants.

Voici donc les 13 épisodes qu’il est possible d’enlever :

– De l’épisode 16 au 21, avec le 21 inclus ou non. Il s’agit de l’arc du chevalier Docrates, complètement nul  : les chevaliers ennemis s’enfuient quand arrive la police… rien que ça… et ça n’apporte rien à l’intrigue. L’épisode 21, celui du Maître de Cristal, est un choix épineux. Pour moi c’est un personnage de trop.

– De l’épisode 29 au 34. Il s’agit de l’arc du chevalier du Corbeau suivi de l’affrontement entre Shiriu et Okko. A sabrer uniquement si vous êtes très pressé car ces épisodes sont plutôt bien faits, mais pas forcément indispensables. Si vous décidez de les regarder, évitez cependant le numéro 31, le combat entre Ikki et Dante et Capella, inutilement gore et globalement chiant.

– Les épisodes 54 et 55. C’est l’affrontement des deux disciples de Shakka contre Ikki sur l’île volcanique. Aucun intérêt, sauf pour rigoler tellement c’est grotesque.

– L’épisode 64. C’est l’épisode de la caverne sous la maison du Sagittaire. Épisode confus et absurde qui n’a absolument pas lieu d’être sauf pour rallonger inutilement la série.


6) Remontage amélioré de l’épisode 73

Comme je l’ai expliqué précédemment, l’épisode 73 est malheureusement absent de mon édition DVD lorsqu’on règle ce dernier sur le mode « générique français ». J’ai donc décidé de retrouver l’épisode sur le net afin d’y adjoindre les génériques français moi-même, en utilisant un petit logiciel de montage vidéo. Tant qu’à faire, j’ai ajouté la scène où Shura du Capricorne sauve Shiriu, ce qui m’a permis de remédier à une incohérence de taille. En effet, on ne voit cette scène que beaucoup plus tard, dans l’épisode 78, c’est à dire dans la partie Asgard, pendant un flashback.


Il m’aura suffi d’isoler le passage où Shura renvoie Shiriu sur terre, que j’ai intercalé juste après l’annonce du titre de l’épisode 73. En chiadant un tout petit peu plus, j’ai rajouté le crash final de Shiriu de retour sur la terre au sanctuaire ainsi que la reconstruction de l’armure d’or du Capricorne qui se pose près de lui. Pour ce passage précis, il aura fallu modifier un peu la piste son pour enlever les commentaires du flashback. Au final, le passage inséré s’enchaine parfaitement avec la suite : Athéna se réveille et se relève, et l’épisode se poursuit normalement.
7) Critique finale

Les Chevaliers du Zodiaque était mon dessin animé préféré quand j’étais gamin. C’était mon rêve de gosse d’en avoir l’intégrale un jour. J’ai redécouvert la série avec beaucoup bonheur quand j’avais 20 ans (ainsi que la fin, avec le chapitre Hadès, en manga papier) et j’aurais une foule d’anecdotes à raconter sur tout ça. Maintenant le dessin animé me paraît évidemment rétro, criard et parfois risible, surtout quand on voit les coupes de cheveux des années 80, sans parler de la musique au synthé et du côté un peu gay de l’ensemble, qui fait fortement penser au film Sing Street ! Un copain m’a même fait douter du bien fondé de mon expérience en me disant que j’allais faire de mes enfants de vraies lopettes… Mais, malgré tout ça, je me suis laissé happer et même emporter par certains grands moments, comme l’Ultime Dragon ou le Zéro Absolu… et j’avoue que tout était encore quasi intact dans ma mémoire, à la réplique près.


Puisqu’on parle de scénario, le plot twist final du chevalier des Gémeaux est évidemment très prévisible pour nous adultes et connaisseurs de la série mais mes enfants n’y ont vu que du feu, et c’était énorme de les voir réagir et s’interroger sur le personnage du Grand Pope. Pourtant, il y a deux ans, pendant l’été, nous avions vu le film d’animation, qui suit peu ou prou le même scénario : j’en ai fait une critique, très positive, malgré le rejet de la presse. Je débattais alors de l’aspect initiatique de la série originale, qui joue sur le long terme : c’est la « voie humide » alchimique, par opposition à la « voie sèche » qui correspondrait davantage au film, plus concentré, et qui offre une toute autre expérience, à un quart de siècle de distance. Peut-être devrions nous revoir ce dernier maintenant que nous avons bouclé les 73 épisodes…
Pour finir, ce que je préfère dans cette grande bataille du sanctuaire, et qui fait que je voulais absolument terminer les coffrets avant la fin de l’été, c’est le travail qui a été fait sur la lumière et les couleurs. Au fil des épisodes, le jour passe, le soleil arrive au zénith, puis il pleut, puis le soir arrive, le soleil se couche, c’est le crépuscule, les premières étoiles se lèvent. Arrivés à la chambre du Pope et à la statue d’Athéna, il fait nuit noire. L’été touche à sa fin. C’est l’automne et une page de notre vie de famille s’est tournée. Tout cela aura été une bien belle expérience, finalement. Merci, chevaliers d’Athéna !

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