[à voir] 8-bits pour la paix des ménages

Avec cet article, les papagamers que nous sommes vont avoir de quoi tenir le coup, non pas avec nos épouses (que 8-bits ne sauraient satisfaire) mais avec nos gamins, qu’il faut bien occuper pendant les parties.

Sur Octopaddle nous racontons souvent comment nous biberonnons nos enfants à la culture retrogaming, avec un James Pond 2 ou les jeux Disney de la Megadrive, voire d’autres grands classiques du 16 bits comme un Flashback ou un Rocket Knight, en passant par Kid Chameleon, Sonic 3 ou Street Fighter 2. Encore récemment j’ai fait des rushs de Metal Slug, opus après opus, à la demande du petit de 6 ans, qui en a fait son jeu préféré (heu… oui : les miens, ce sont des bougeons) ! Sans parler des films d’animation de Miyazaki, très plébiscités par mes gamins, et en même temps tellement proche de la culture vidéoludique 16-bits qui, je le rappelle, était à l’époque largement dominée par les japonais.


Mais bref. Je ne me serais jamais imaginé pouvoir un jour accrocher mes gosses avec du jeu vidéo 8-bits. Entendons-nous bien : il s’agit davantage d’un hommage cinématographique aux jeux 8-bits qu’un jeu à proprement parler. Les Mondes de Ralph, que j’ai trouvé par hasard à la médiathèque du coin, est un film d’animation de 2012 qui était complètement passé sous mes écrans radars. Couverture aguicheuse mais un peu lourdingue avec Sonic, Zangief, le Dr. Robotnik, M.Bison et Neff (d’Altered Beast !) en personnages secondaires, et un drôle de personnage (Ralph, donc) à mi-chemin entre un Shrek et les Croods, en personnage central… J’avoue que j’ai pris le DVD au pif, serré par le temps (la médiathèque fermait) sans trop y croire, et en me disant : mais comment ont-ils eu obtenu tous ces droits ? Ca sentirait pas un peu l’arnaque, ça ?


Et là, surprise : non seulement Les Mondes de Ralph est un vrai hommage appuyé aux jeux 8-bits et aux salles d’arcade avec des idées de génie (le menu du DVD est tout simplement excellent et met tout de suite dans le bain), mais les gamins ont eu un véritable coup de cœur pour ce film. J’en veux pour preuve, ils le regardent en boucle, jusqu’à trois fois par jour, depuis une semaine.


L’histoire vaut ce qu’elle vaut, mais il y a des références incalculables aux jeux vidéos rétros : je ne vais pas en faire la liste ici, il y a largement assez d’infos sur la toile à ce sujet. Des pastiches de jeux 8-bits et modernes ainsi que certains jeux ayant réellement existé nous rappellent l’inventivité et les codes esthétiques d’une époque révolue, mais qui coexiste encore avec les jeux modernes. Rien que les polices de caractères sont à tomber !


D’un point de vue concret, le film raconte la vie des personnages de jeux vidéos après la fermeture quotidienne de la salle d’arcade : c’est assez marrant, d’ailleurs. Ensuite, d’un point de vue plus psychologique, la salle d’arcade (où l’on trouve encore les anciens jeux côtoyant les nouveaux) représente évidemment un univers métaphorique davantage qu’un lieu réel. En effet, ce genre de salle a peu de chances d’exister dans la réalité, elle représente donc ce qui se passe dans la tête d’un vieux gamer qui a vu l’évolution des jeux vidéo (devenus « violents » au grand dam du héros !) à travers les décennies et qui a stocké toutes ces expériences – qu’il renouvelle d’ailleurs parfois en ressortant une vieille console du placard – dans son psychisme.


Enfin, d’un point de vue plus symbolique, Les Mondes de Ralph offre une réflexion sur la quête de l’immortalité : qui est le pire, Turbo, qui agit en pleine conscience, ou le Cybug, qui obéit à son instinct ? Le film développe également les thèmes de l’amour après une blessure, du manichéisme social, et le fait de s’accepter tel que l’on est – tout en restant un film pour gosses avec des codes narratifs très simples. La fin est un peu trop optimiste mais fait part de ce à quoi nous sommes attachés sur ce blog : la coexistence des différentes générations de joueurs à la manière d’un palimpseste.


Bref, avec Les Mondes de Ralph, les gamins s’éclatent à fond et le papagamer s’y retrouve (le moment où l’on voit le point d’exclamation de Metal Gear Solid, j’ai pensé à vous les gars) ! Comme avec le film d’animation Vice Versa, il y a plusieurs niveaux de lecture, et les plus curieux iront chercher si tel ou tel jeu a réellement existé ou non. J’ai personnellement découvert des trucs, comme l’une des grande légendes du jeu vidéo, à savoir le Konami Code. Ca vaut le coup de s’y intéresser, c’est toute une sous-culture qui imprègne encore aujourd’hui le monde du web !


Au niveau esthétique, Les Mondes de Ralph m’a immanquablement fait penser au jeu Paper Mario sur Wii. Ce jeu n’est pas un chef d’œuvre mais il a quelque chose de particulier. Commençons par son gros défaut : le côté aventure/recherche n’est pas super pertinent, ce qui fait qu’on est souvent bloqués. Il faut se casser le cul pour trouver la sortie et on sent que c’est fait pour rallonger artificiellement la durée de vie du jeu, avec des phases d’arcade/action/plateformes finalement trop limitées et un scénario finalement pas terrible.


Mais terminons ce billet par la grande qualité de ce jeu : son côté métaphysique parfaitement assumé. Tous les gamers des jeux 8-bits ont certainement rêvé une fois – ou au moins imaginé – d’être projeté en 3D dans un jeu en 2D. Paper Mario offre une réflexion originale sur l’espace-temps, sur les mondes de l’entre-deux, mais aussi sur le point de vue que l’on peut avoir sur telle ou telle situation. « Beaucoup de vérités auxquelles nous tenons dépendent avant tout de notre propre point de vue » dixit Obi-Wan Kenobi dans Le Retour du Jedi. C’est on ne peut plus vrai quand un énorme rocher qui vous fonce dessus en 2D devient aussi inoffensif qu’une feuille de papier une fois passé en 3D !


Ah oui, pour finir, et en revenir à nos moutons : le générique de fin des Mondes de Ralph est sans doute ce que mes gosses et moi avons préféré… ! La musique de ce film est survitaminée et ajoute grandement au dynamisme de l’ensemble :

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3 réflexions sur “ [à voir] 8-bits pour la paix des ménages ”

  1. Punaise je ne connaissais pas (pour répondre à ton précédent message), et cela me donne grandement envie de le voir ! Voilà de grands ponts générationnels génialissismes à faire avec ses gosses. C’est à cela que l’on voit que le jeu vidéo finalement a gagné sa place dans le monde actuel.

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  2. ce mondes de Ralph m’avait bien plu, pourtant j’avoue que j’avais un peu peur du résultat après avoir vu les différentes bande annonce à l’époque ! Et comme toi, la B.O. du film m’avait également laissé un bon souvenir en sortant de la salle (au point d’en acheter le CD!)

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