[RétroTest#42.2] MGSV, un jeu/ deux avis ! Part 2

Reprise de notre test à deux voix sur le mythique Metal Gear Solid V. On abordera le scénario, le plaisir de jeu et surtout des révélations ! Ouach,  mais quel teaser !

SPOIL ALERTE : Le scénario, mais quel pied !

Hujyo :  Pour ma part, j’attendais impatiemment la suite de Ground Zeroes et Peace walker. Tout commence avec cette prodigieuse introduction, qui pose pas mal de questions. Pendant une heure on se demande si Kojima n’a pas fumé la moquette tellement on ne comprend pas trop ce qu’il se passe. Qui est ce mec en feu ?  Quid du mec qui nous aide et qui possède la même tonalité de voix que nous ?  Et ce gamin  ? Est-ce vraiment Psychomantis  ?  Pourquoi tout le monde veut me tuer ? Mais au fil du jeu tout cela s’éclaircit avec maestria. Personnellement j’étais tellement happé par cette intro, que la seule explication possible à mes yeux de cette création incongrue de l’avatar en début de partie, était que ce dernier allait servir au multi… D’ailleurs j’en viens encore à me demander si le multi n’a pas été un prétexte de Kojima pour garder le secret sur l’incroyable révélation finale ? Le scénario fourmille de références à tous les épisodes. J’en ai perçu certaines, mais j’en ai également loupé pas mal. Pourtant je connais très bien la mythologie MGS. J’aurais peut-être du réviser un peu avant de l’attaquer. Concernant  l’histoire, j’ai vraiment adoré l’idée des parasites. Je n’en dirais pas plus ici, mais Kojima et son équipe se sont creusés les méninges pour trouver ces idées. 

Certains trouveront cela WTF, mais personnellement c’est ce que j’aime chez Kojima. Enfin, je reste encore aujourd’hui bluffé par la cohérence de l’œuvre (dans sa globalité). Kojima a répondu à toutes les zones d’ombre de la saga avec génie. Bravo Hideo ! Mais ce cher Octo, plus prompt que moi à l’écriture, va nous éclairer ci-dessous de sa pertinente analyse.

Octo. : Quelle transition ! Bien que j’ai tiqué au début du jeu sur le fait de créer un avatar personnalisé (l’idée du multi m’a aussi effleuré !)… puis par une astuce scénaristique, on se retrouve avec le visage de Big Boss, sans trop se poser de question en raison de l’accélération de l’histoire (et la fin sanglante du médecin)… D’autres détails troublants titillent la curiosité du joueur à plusieurs reprises, comme le code donné à notre personnage, à savoir celui de Venom Snake, dont la première lettre V, coïncide avec Vengeance, Victoire, mais aussi avec la numérotation logique du jeu, qui est le 5e opus. Coïncidences ?  Je ne pense pas, comme dirait l’autre.

Ainsi, le joueur mené par le bout du nez réalise que ce fameux Venom Snake que nous avons guidé durant de nombreuses heures n’était pas… le vrai Big Boss : mais une doublure destinée à prendre sa place à la lumière afin de lui permettre de disparaître (et de fonder sa fameuse base secrète Outer Heaven, que l’on retrouve dans l’épisode de 1987 sur NES et MSX). Saisissant, car l’identité du personnage – et donc du joueur – devient trouble, multiple et notre personnage ne sait plus qui il est : est-il Venom, le double amené à des choix difficiles à la place de Big Boss ? Ou, est-on ce simple soldat placé au mauvais moment, et choisi par fidélité à Big Boss en l’ayant sauvé de la déflagration d’une bombe ?

Vous voyez l'épaule, devinez qui c'est ?
Vous voyez l’épaule, devinez qui c’est ?

Le destin de notre personnage est l’image de ces soldats/ chiens fidèles (Diamond Dogs est le nom de l’unité des soldats créée par Miller et Big Boss) qui suivent leurs maîtres jusqu’au bout… allant ici jusqu’à prendre la place de leur mentor, devenant le Big Boss. Voire même plus,  car cette double personnalité ne joue-t-elle pas des tours au joueur ? Plusieurs grilles (passionnantes) de lectures s’offrent au joueur :

  1. adulé par tous, croyant à la propre légende du Boss, nous pouvons être déçu finalement de ce twist final… pour enfin, accepter ce miroir valorisant, en nous disant que c’est nous, le joueur, qui avons construit notre propre légende, tout en s’appropriant l’identité de Big Boss.
  2. Le choix des clins d’œil est parlant : surnommé Ismaël du nom du fils d’Abraham qui devait être sacrifié à Yavhé (dans la Bible), on est aussi surnommé Achab, comme le capitaine fou de Moby Dick, traquant son ennemi (comme le joueur avec Zero ou Skull Face) et tombant dans une forme de folie.
  3. Le sous-titre « douleur fantôme » joue sur la perte d’un membre (ici son bras dans une explosion), et peut s’élargir à celle d’un proche (comme la jeune Paz après Peace Walker ou de son unique amour, Boss dans MGS III) voire celle de son identité : étant immatérielle (donc fantôme), sa perte est bien douloureuse, car irrémédiable dans le cas du joueur.

4. Mais d’un autre côté, face aux choix difficiles que nous avons menés (perte de Paz dans une scène hallucinée sur la Mother base, ou encore l’élimination ultra-gore de soldats contaminés sur sa propre base), ne sommes-nous pas devenus Demon Snake, l’altéré-go négatif de Big Boss,  responsable des pires crimes, permettant au vrai Big Boss de s’en laver les mains ?  D’ailleurs, cette pièce métallique dans le crâne ne ressemble-t-elle pas à s’y méprendre à une corne démoniaque… . D’ailleurs, cette dernière semble pousser dans le jeu selon nos actions (assassinats ou choix de ne pas faire de victime). Et comble de l’horreur : si l’on opte pour le développement de l’arme ultime, l’arme nucléaire, notre perso est intégralement immaculé de sang, qu’il ne peut plus nettoyer !

De là, à dire qu’en fait, nous sommes le vrai Big Boss, mais qu’en raison de la plaque de métal plantée dans son cortex, ce dernier croit qu’il n’est pas le vrai auteur des crimes commis, il n’y a qu’un pas….

Enfin, l’axe scénaristique tiré par les cheveux est pourtant cohérent : car le Big Boss qui meurt dans l’épisode de 1987 sur MSX/ NES, n’est en fait que Venom Snake (donc, nous dans cet épisode) tué par Solid Snake (celui que l’on peut incarner dans l’épisode PSOne). Ainsi, il est normal de le retrouver à la fin de MGS IV... la boucle est donc bien bouclée, chapeau Kojima production.

Alors quel bilan après plus de 100 heures de jeu ?

Hujyo :  120 heures au compteur, mais encore loin de l’avoir platiné. De mémoire de joueur, je ne crois pas avoir passé autant de temps sur un jeu. À ce jour, MGSV est devenu mon jeu ultime, culte en première place de ma top liste. Devant Shenmue et Zelda !  Pour plusieurs raisons. Pour son univers riche, adulte et cohérent, pour ses personnages les plus éblouissants et charismatiques du jeu vidéo. J’ai du laissé tomber le jeu, car j’avais une autre perle qui m’attendait (Uncharted 4). Je pense y revenir bientôt, car entre vous et moi, les jeux à venir pour cette fin d’année me paraissent bien fades à côté. D’ailleurs cela est le principal reproche que je ferais à MGSV : tous les autres jeux paraissent désormais bien tristes. Comme si j’avais joué au jeu ultime, et qu’il ne me resterait plus qu’à ranger définitivement les manettes au placard…. pour toujours … enfin non, y a Zelda et Death Stranding, le nouveau Kojima 😉 D’ailleurs, j’y pense BIG BOSS et son univers me manquent …  Je suis empreint de nostalgie …  c’est grave docteur ?

Octo. : Bon j’en suis à … 206h de jeu… punaise en 5 mois soit 41h par mois (je n’ose y penser  le taux par jour). Bon, je me dis que j’ai de la chance d’avoir une épouse adorable, car 206h sans elle, punaise d’autres ne seraient pas si patientes, merci chérie je t’aime ! Je n’ai pas vu passer le temps pendant les 150 premières heures, les 50 h suivantes furent plus longues, car je me suis lancé dans l’objectif du rang S pour les 50 missions + finir les activités annexes (sans parler des missions secondaires). Bref, il y a un vrai Newgame +, car une fois fini on y revient ! Par contre, pour moi je préfère le finir à fond tout de suite… et peut-être un jour lointain, pourquoi pas le refaire ?

MàJ 3/06/2016 : Après 237 h (!!!), je viens enfin de le platiner et à 100%, siouplaît ! Mais quel jeu, quel jeu… j’en suis tout retourné, car ce jeu m’a vraiment touché : son histoire profonde et surtout l’implication qu’il demande au joueur  : il faut voir son côté hypnotique par l’obligation de faire, et refaire une mission non complète, mal finie… . Je viens de finir le jeu après l’obtention de mon dernier trophée, et quelle épopée ! L’un des trophées le plus difficiles à obtenir fut celui des animaux à capturer durant les missions. Et de toute les espèces, il y a cette p****n de tortue Léopard à pécho ! En effet, se situant uniquement dans deux zones, c’est au petit bonheur la chance pour l’attraper ! J’ai du tenter pendant… trois jours. Cette vidéo m’a énormément aidée (surtout sa localisation près du manoir de Code Talker).

Ensuite deuxième trophée :  celui de développer plus de 300 armes : sachant que l’on est limité à 7 armes à la fois (soit une durée de création de 30 minutes de jeu, si vous choisissez les armes de niveau 3), cela peut-être long à obtenir si vous n’avez pas débuté leur création durant le jeu comme moi. Astuce : choisissez en priorité les armes de niveaux 1, 2, 3 plus faibles, mais plus rapides à développer (entre 1 et 30 minutes).

En tout cas, je me suis vraiment pris au jeu de le finir à 100%. Mais j’ai tellement de jeux à faire : Transformer (de Platinium)/Shadow of Mordor/Dragon quest Heroes… et l’extension de Witcher 3 (Blood and wine) et bien sûr Final fantasy XV… bref, être un vrai papagamer, mais comment faire pour trouver toujours plus de temps ?

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Première partie sur Metal Gear Solid V : notre retour sur le jeu ici (Part 1)

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Une réflexion sur “ [RétroTest#42.2] MGSV, un jeu/ deux avis ! Part 2 ”

  1. Hé ben, du temps de jeu comme ça, c’est impressionnant : vous trouvez où les drogues pour tenir ? De mon côté j’ai commencé THE WITCHER (le 1er) et je suis au chapitre 2 après presque 15h de jeu, en devant me lever à 4h du matin exprès pour pouvoir jouer sans me faire emmerder. Mais maintenant je suis crevé… ! C’est tout simplement pas des jeux compatibles avec le fait d’être père de famille – ou alors vous déchargez toute l’intendance sur vos épouses ? Autant je trouve ces jeux prenants, autant je trouve frustrant de pas pouvoir jouer longtemps et je perds le fil, la possibilité d’immersion étant ce qui fait le sel du jeu. Et en ce qui concerne the Witcher, le fait qu’il soit interdit aux moins de 18 m’oblige à jouer la nuit, sinon les gamins viennent fatalement regarder.

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