[Tutos du poulpe#22] Faire son jardin japonais – l’escalier

Dans la lignée des articles initiés par Lamyfritz sur la construction d’un extérieur japonais (liens en fin d’article), je me suis lancé dans la construction d’un escalier de jardin inspiré de la culture japonaise pour inaugurer comme il se doit les congés estivaux arrivant. Petit tuto sans prétention (et avec de nombreuses astuces) pour ravir sa petite famille et décorer à moindre frais son terrain.

L’escalier de jardin à la japonaise (階段庭) doit lier à la fois simplicité, aspect naturel et rejet de tous matériaux modernes : fuyez maçonnerie disgracieuse, structures métalliques hors de prix ! Ayant un terrain en pente composé de plusieurs terrasses, traces d’un ancien domaine viticole aujourd’hui – hélas – disparu, la construction d’un escalier devenait urgente. En effet, pour accéder à deux terrasses derrières mon domicile, je devais arpenter un dénivelé assez important, pas loin des 50% sur 3/ 4 mètres de distance. De plus, mon chien ayant pour fâcheuse habitude de passer toujours à cet endroit, il m’a massacré les quelques touffes d’herbes naissantes, donnant à ce passage un aspect dégarni, proche d’une tranchée de Verdun.

DSC00388Cet automne j’ai donc (re)labouré une partie de mon terrain au pied de ce dénivelé, pour enlever encore une fois mauvaises herbes et caillasses en nombre. Ne voulant pas laisser cette disgracieuse montée en amont de mon terrain, une idée germa dans ma tête : pourquoi ne pas la casser ? Et donc, arriva l’idée de construire un escalier pour faciliter la montée, mais aussi permettre à mon chien de naviguer sans user l’herbe et créer des trous peu esthétiques.

Mont Kurama (nord de Kyoto)

Passionné de cultures asiatiques, je suis toujours impressionné par la capacité de ces dernières à créer des espaces apaisés, vitrifiant un lieu dans un agencement parfait comme le portent en elle différentes philosophies chinoises ou japonaises. Sans chercher à placer des symboles de dingues dans mon futur escalier (comme un nombre précis de pierres à la mémoire d’un Bouddha et de ses disciples), mon but sera d’aménager à moindres frais cet espace, en mettant en avant des éléments naturels comme du bois, de la pierre.

Tout d’abord, le matos nécessaire :

  • 4 traverses en bois : quand la SNCF avait l’esprit d’une société pleinement nationalisée, il était possible d’obtenir ces fameuses traverses en bois (utilisées sur les voies ferroviaires) moyennement finance ou une bonne bouteille… désormais ces traverses sont gérées par des prestataires privés, et il est plus difficile d’en obtenir, si ce n’est dans un magasin de bricolage ou chez un menuisier de façon onéreuse. Pour ma part, gros coup de bol : mon voisin qui avait réalisé un escalier en béton, m’a donné ses carreaux de bois d’une longueur de 110 cm, d’une hauteur de 16 cm pour 5 cm de large, remplaçant avantageusement mes traverses en bois, m’évitant de débourser un euro !
  • DSC003928 piquets en sapin (H.50 cm/ 6 Ø) : pour assurer le soutien des traverses en bois. Coût : 8€
  • 10 pavés en béton, couleur granit : pour faire une forme encadrant le premier pas. Coût : 2€

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  • 16 vis étoiles (L.12 cm) : assez long pour tenir la traverse et le piquet, et une forme étoilée pour éviter de fissurer la traverse en la vissant. Coût 3€

  • Peinture : j’ai pris du vernis couleur « Wengé » en promo à 3€, ce qui teint en laissant apparaître les veines du bois, avec cet aspect bruni/ brillant génial. De plus, il faut prévoir du goudron pour éviter le pourrissement du bas des piquets et des traverses (pour ceux ayant construit, il reste toujours un bidon quelque part sans son garage). A cela j’ai ajouté, un insecticide/ fongicide mélangé à mon vernis pour assurer une protection maximum.

    DSC00395

  • Du gravier (Ø6/10), hérité d’un précédent chantier pour combler les marches

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  • Une bâche de jardinage : pour assurer l’évacuation des eaux,  empêcher la pousse de mauvaises herbes et protéger les traverses en bois. Coût : 4€
  • Et bien sûr le matos obligatoire pour tout bricologamer : masse, visseuse, pioche, pelle, mètre, corde, un niveau à bulle… .

La première étape fut de délimiter les escaliers par un cordage (haut et côté de l’escalier) puis dessiner au sol les marches. Pour ma part, l’escalier prenant un virage, les mesures seront côté intérieur de 44 cm/ et de 64 cm à  l’extérieur des marches, proches d’un escalier en colimaçon.

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Ensuite, il faut peindre les marches (goudron/ vernis), les piquets (2 couches à prévoir), et laisser sécher.

Creusez ensuite les marches pour permettre d’avoir une pente équilibrée, sinon bonjour l’escalier casse-gueule 🙂 Astuce : utilisez une règle de maçon pour voir le dénivelé de l’escalier entre la première et la dernière marche positionnées (et voir s’il n’y avait pas un écart en hauteur trop important entre les marches). Placez la bâche en plastique en fond (en dégageant les rugosités du dessous pour éviter de la déchirer), positionnez les traverses en bois dessus, et bloquez-les avec des piquets de toile de tente. Cela permet de revérifier l’espace entre les traverses (les fameux 44 cm/ 64 cm !).

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Plantez vos piquets en sapin, mais attention : placés derrière les traverses, c’est plus esthétique, mais avec le risque que la marche bouge en raison du poids des graviers, qui vont pousser dessus. Pour les plus paranos, on peut mettre du ciment chimique prise rapide à la base, plutôt que se faire ch*** à les planter à coup de masse. Ensuite, on visse la traverse sur les piquets (pour que cela soit bien ordonné, mettez les vis à la même distance sur la traverse à gauche et droite), bien vérifiez si la marche est à niveau (via le niveau à bulle). Il faut ensuite remplir les marches de graviers. Astuce : mettez des pierres plus grosses dessous, elles seront cachées par le gravier (et permettront de gagner des graviers si vous êtes juste).

Ensuite pour éviter que les graviers se fassent la malle, je les ai bloqués avec des rochers sur les côtés. Enfin, un peu de couleur florale pour égayer l’ensemble, et voilà, mon escalier japonais est prêt…

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Et je ne vous dis pas comme mes filles en sont dingues : enfin un « escalier de princesse » digne de ce nom (punaise, dur de lutter contre la Reine des Neiges). 😉

********

Pour continuer à transformer votre jardin, voici divers tuto du poulpe de Lamyfritz disponibles en exclusivité sur octopaddle.fr, à vous de jouer !

Tuto#6 : comment fabriquer son Torii ?

Tuto#7 : Comment faire ses fontaines japonaises ?

Tuto#8 : Faire son chemin japonais

Tuto #9 : Comment fabriquer sa maison de thé (Chashitsu) ?

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2 réflexions sur “ [Tutos du poulpe#22] Faire son jardin japonais – l’escalier ”

  1. Merci ! Ha oui, j’ai oublié de l’indiquer 2 jours pleins, de quoi commencer l’été sur les chapeaux de roues. Mais dès que les finances et le temps le permettront, je me lancerai dans mon jardin japonais, et avec tes précieux articles, j’ai de quoi faire ;).

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