[Papygeek#7-2] La fin d’une série en apothéose : MGSV

Suite de mon article consacré à la série Metal Gear, en se focalisant sur son auteur et son bouquet final : Metal Gear Solid V.

Kojima est au jeu vidéo ce que les frères Waschowski sont au cinéma

Contrairement aux grincheux bobo du jeu vidéo, je suis admiratif du boulot de Kojima et de son équipe comportant plus de 200 personnes, dont la team au coeur de Zone Of Enders : le directeur artistique et illustrateur Yoji Shinkawa, le producteur Noriaki Okamura ou encore le concepteur Shuyo Murata (coscénariste sur MSGS 3 et 4).

La nouvelle team de Kojima production, après avoir pris la porte de Konami… une belle brochette de vainqueurs.

Sa série dans son ensemble est une œuvre colossale. Une série qui a fait avancer le jeu vidéo, là ou aucune autre n’a pu le faire. Certains lui reproche d’être qu’un mauvais copieur, quelqu’un qui mixe ses influences entre les divers médias, sans forcement créer quelque chose de nouveau.  A pas mal d’égard, je dirais que Kojima est au jeu vidéo ce que les frères/ soeurs Waschowski sont au cinéma. Idolâtrées ou bien critiquées, voire lynchées, ces fortes personnalités sont uniques et en marge de leur industrie.

Pourquoi ?  De par leur génie à raconter des histoires, avec des univers visuels travaillés et novateurs.  De par l’envie de proposer une alternative aux productions calibrées de leurs industries. Ils défendent également une forme d’ingéniosité, de respect des joueurs ou des spectateurs avec l’envie de faire quelque chose de nouveau, de pousser plus loin leur média respectif, en s’appuyant sur des histoires fortes, originales et brillantes. Ces créateurs nous poussent à aller au-delà de l’œuvre en elle même, nécessitant plusieurs visionnages afin de percer les secrets et les multiples références. (Matrix et Metal Gear multipliant les références littéraires, historiques, philosophiques, musicales, faits réels … ).

L’intelligence et la cohérence de leurs œuvres

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Cependant, ces visionnaires doivent souvent faire face à des limites, qu’imposent les cols noirs des studios. Du côté des frangins/frangines Waschowski, on peut regretter qu’Hollywood a bien charcuté le génie créatif et visuel au nom du sacro-saint PEGI 13 et de la rentabilité financière, de leur dernière série Sens8, déjà présentée dans un autre article.

MGSV est pour moi le meilleur jeu de notre industrie à ce jour

Kojima lui,  a eu carte blanche et a mis 28 ans pour achever l’œuvre de sa vie. Ce qui a d’ailleurs précipité son départ de Konami avec forces et fracas, lançant le fameux Kojimagate. L’envergure artistique et financière de ses projets a attiré les foudres du nouveau patron de Konami, Kagemasa Kozuki. Celui-ci pestant devant le manque de rentabilité immédiate de ses jeux, et le côté fantasque du personnage (qui a dit melon ?)… Et pourtant force est de constater que MGSV est plus que rentable pour Konami : le jeu qui a coûté 80 millions de $,  a atteint les 6 millions de vente à ce jour rapportant plus de 180 millions de $. Peut-on dire que l’histoire a donné raison à Kojima ? J’aime à penser que oui.

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Allez je ne vais pas y aller par quatre chemins, MGSV est pour moi le meilleur jeu que notre industrie a produit à ce jour. Et j’assume mes propos. D’ailleurs je suis assez surpris que ce dernier n’ait pas fait plus parler de lui depuis sa sortie. Comment un jeu aussi fantastique, généreux, et fignolé aux petits oignons n’a-t-il pas eu plus d’impact ? Peut-être, fut-il noyé dans les nombreux articles consacrés au feuilleton Kojimagate qui a fait couler plus d’encre numérique que ceux dédiés à la qualité finale du jeu. Les sites généralistes de jeu vidéo ont bien plus mis en avant le « clash » Kojima/ Konami que l’impact de ce jeu sur le futur de notre média préféré, ce qui fut fort regrettable devant une telle pépite (ici un bon résumé de l’affaire)

Jouez-y et vous comprendrez !

On se posait cette question avec ce cher Octo : pourquoi ce jeu n’avait-il pas eu plus de retentissement, tellement il est exceptionnel ? J’avoue ne pas comprendre. Prenons pour exemple The Witcher 3, qui  a eu un excellent buzz médiatique lors de sa sortie,  mais très largement surestimé pour moi. Le jeu est certes très bon, mais très classique.  Il reste dans le haut du panier des productions actuelles, mais ne révolutionne rien, n’invente rien. MGSV lui touche la perfection, tant technique, qu’artistique. Il fracasse le quatrième mur (comme jamais), se pose en maitre étendard du jeu vidéo, en fusionnant avec brio le cinéma et l’interactivité. Il va plus loin et offre bien plus que le cinéma. Beaucoup me demanderont en quoi ? Jouez-y et vous comprendrez !

La première mission, après un prologue de dingue… mémorable.

Les sorties des AAA s’enchainent avec systématiquement des jeux non finis, où l’on vous demande de faire une sacrée mise à jour afin de régler tous les BUGS (Witcher 3, Fallout 4 je pense à vous, bien que les médias les ont bizarrement passés sous silence).  Kojima lui propose une expérience FINIE, pensée de bout en bout, sans fausses notes, cela doit être salué !! Assiste-t-on à la renaissance des jeux japonais ?

Pour conclure (de manière temporaire, car un autre article sera consacré au jeu en tant que tel), j’ai acheté ce jeu à sa sortie, le 1er septembre 2015.  Depuis, la galette bleue n’a jamais quitté ma PS4 : j’ai rarement amorti un tel achat vidéoludique : plus 100h au compteur, et toujours le plaisir d’y revenir… Clairement le jeu où j’ai passé le plus de temps… de toute ma vie de joueur.  Et pourtant je suis loin de l’avoir fini. Merci Boss...Kojima pour ce respect du joueur.

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5 réflexions sur “ [Papygeek#7-2] La fin d’une série en apothéose : MGSV ”

  1. Article intéressant, je n’avais pas entendu parler de ce kojimagate – après, avec ce genre de personnalité, ce n’est pas très étonnant. La créativité des auteurs et les tableaux d’amortissement des comptables sont en perpétuelle confrontation dans l’industrie.
    Je n’ai pas entendu parler de MGSV à part sur ce blog, mais je pense que le titre est en partie réservé à des fans de la première heure (bon, pas tout çà fait ; voir le test de MGS sur NES par le joueur du grenier, faut pas abuser) mais disons que ce n’est certainement pas un titre que le chaland va choisir en premier lieu s’il n’a pas déjà joué aux autres. C’est comme pour un Metal Slug ou un Samurai Shodown, anciens bijours de la Néo Geo : on en sortirait un autre maintenant, les jeunes joueurs n’en auraient probablement cure, n’ayant pas grandi près de l’esprit original. Je trouve en celà les ventes de ce MGSVV tout à fait honorables. C’est à nous papa-gamers de transmettre cet esprit là aux générations d’en dessous.
    Du coup, dommage que tu ne parles pas un peu plus du jeu. Après 100h tu ne l’as pas fini ? Tu veux dire à 100% ?

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    1. Nous allons parler du jeu plus en profondeur dans la suite de l’article, en post Ping pong avec Octo. ce qui a de bien sur ce jeu c’est que nous avons eu deux approches bien différente avec Octo. Aujourd’hui mon compteur de jeu est a 110 heures environ, et je continue d’y jouer. Je découvre encore pleins de choses, et très clairement, ce jeu est mon jeu ultime. Même si tu n’est pas fan du genre ou de la serie, je pense que tu devrais essayer pour te faire ton idée. La suite de l’article arrive tout bientôt. le week end long a aider a fignoler l’article. 😉

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  2. Alors je vais répondre pour Huyjo : si ce dernier est à 100h pour du 50%, perso j’en suis à 70% pour 143 h de jeux… finir ce jeu relève du gageur, et pousse à l’obsession du perfect à mes yeux (finir toutes les quêtes, établir un run « parfait », etc… ) mais est-ce possible pour un papagamer ? Je crains que non !

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