[Jap’ in love#38] De l’aventure sur PS VITA, honneur aux visual novel et à Persona 4

Comme indiqué dans mon précédent l’article, on assiste depuis 3 ans à un retour du jeu japonais sur nos consoles, en particulier chez Sony. En effet, la marque de Tokyo, revendiquant son identité et son ADN japonais, encourage une myriade d’éditeurs nippons sur sa console de salon et sur sa portable. Petit tour d’horizon personnel sur 3 jeux sur PS Vita, souvent barrés au grand plaisir du joueur.

Zero escape : Virtue’s Last Reward

Bien que les visual novel ne soient pas ma tasse de thé (vert), je dois dire merci à Sony d’avoir permis quelques localisations exceptionnelles (en raison de l’absence de zonage, mais limitée à de la VO en anglais) : commençons par l’un des plus sympas : Zero escape : Virtue’s Last Reward.

Suite directe de 999: Nine Hours, Nine Persons, Nine Doors sorti sur Nintendo DS en 2010, cet épisode fut publié en 2012 sur Ds, mais aussi sur Vita. Pour résumer, un visual novel est un roman interactif sauce jeu de plateau Cluedo/ « livre dont vous êtes le héros » en version numérique. Voici le fond de l’histoire du jeu (source wiki) :

Le 25 décembre 2028 (soit un an après les faits intervenus dans 999), neuf personnes, qui ne semblent à priori ne rien avoir en commun, sont kidnappées et enfermées dans un complexe souterrain aux allures de bunker. Leur ravisseur Zero Senior, qui leur parle uniquement par le biais d'un programme informatique dénommé Zero Junior, les oblige pour pouvoir s'échapper, à jouer à un jeu à base d'énigmes.

Peu de mouvements, longues analyses des environnements pour détecter des indices, discussions (en anglais) pour avancer dans l’histoire et cerise sur le gâteau : prise de décision nécessitant cynisme, trahison de son prochain ou philantropisme calculé pour passer les multiples épreuves. Le but est alors de s’en sortir vivant, faire face à une multitude d’embranchements selon vos décisions. Étant toujours au chaud sur ma  console, il faudra que je le finisse un de ses quatre, mais l’ayant lâché il y a un an, dur de s’y remettre (outre sa VO en anglais, c’est son point faible je trouve, il faut le faire d’une traite pour ne pas oublier tous les embranchements scénaristiques !). Ici un test très complet du jeu : http://www.merlanfrit.net/VLR

Mon avis en terme de fun (pour une première expérience de visual novel) :

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(P.S. : bien que mon avis soit mitigé, j’ai opté pour Zero Escape en raison de son originalité et de son univers immersif.  Ce choix fut fait par défaut, car en faite j’aurais du vous reparler de l’excellent Muramasa sur Vita, testé ici) . Mais bon vous êtes sur un site de papagamer et non grandpapygamer !


Danganronpa, Trigger Happy Havoc

Un autre visual novel, qui fut mené à son terme, et cette fois-ci uniquement sur Vita (qui n’étant pas zonée dispose du catalogue Jap et US sans souci) : Danganronpa, Trigger Happy Havoc. Basé sur une histoire barrée postapo’, ce jeu baigne dans les pires phobies japonaises : assurer sa réussite sociale par un outil scolaire « du marche ou crève » abominable (des lycéens, les meilleurs de leurs générations sont enfermés dans la meilleure université, la Hope’s Peak Academy, pour faire les meilleures études… et finissant par se massacrer joyeusement, bien sûr de la meilleure façon qu’il soit).

On doit donc enquêter, sur le modèle du grand et très sympa Ace Attorney (oui vous savez le fameux jeu d’avocat où vous avez hurlé sur votre DS le célèbre  « Objection ! » comminatoire), chercher le moindre indice sur les scènes de crimes toujours sanglantes, tout en faisant face à l’ourson serial killer Monokuma, qui n’hésite pas à dégommer les récalcitrants ou étudiants trop curieux… . Une fois la scène de crime écumée, il faut assister au procès mené par Monokuma, dont l’objectif est de détruire les arguments de l’éventuel coupable (littéralement par le biais d’arguments que l’on doit, « flinguer » avec des balles de revolver). Une petite illustration vaut mieux qu’un long texte :

vous choisissez l’argument qui vous semble faux…
Et BANG !

Cependant, votre suspect n’hésite pas aussi à vous accuser, car la finalité à terme est sans retour : c’est la sentence capitale ! Et autant vous dire que les finish him sont bien sadiques 😉 Perso, j’ai fini ce jeu durant mes congés d’été et en y consacrant plusieurs sessions par jour, preuve que ce jeu m’a vraiment captivé.

Mon avis en terme de fun (dédicace à son chara design et à son immersion) :

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Shin Megami Tensei: Persona 4

Ma madeleine de PROU(S)T : Shin Megami Tensei : Persona 4 golden (P4G) édité par Atlus.  Ce J-RPG en anglais découvert par hasard au grès de mes pérégrinations numériques, reste à ce jour LE jeu de la Vita (bien qu’il soit une remastérisation du jeu sur PS2). Dans plusieurs posts, j’ai abordé ce jeu sorti en 2013 qui grâce à son histoire et à son esthétique judicieuse (merci M. Shigenori Soejima) nous immerge dans le quotidien de lycéens japonais, tellement…. japonais. Ceux qui ont connu l’univers des mangas japonais du Club Do’ (Juliette je t’aime, Olive et Tom…) ou des ouvrages d’un Hironobu Sakaguchi (Quartier lointain, que les lecteurs de cet octoblog connaissent bien) savent de quoi je parle. Par ces médias, on s’évadait et on rêvait d’arpenter ces rues proprettes, organisées, de visiter ces multiples échoppes ou de manger dans ces mini-restaurants que l’on trouve dans n’importe quelles bourgades japonaises… et bien merci Persona de nous permettre de réaliser ce pur fantasme en étant tranquillement installé dans notre canapé en Occident.

Le design de Shigenori Soejima ne peut que toucher le cœur de l’amoureux du Japon ayant baigné dans les années Club Do’.

Persona : la vie d’un lycéen, peut être passionnante !

Jeune lycéen de votre état, vous êtes envoyé par vos parents faire vos études chez un oncle lointain dans la ville imaginaire d’Inaba.  Votre oncle  Ryotaro Dojima, inspecteur de police de son état élève seul sa petite fille Nanako, et doit faire face à ces meurtres mystérieux aidés par son subordonné maladroit, Tohru Adachi.

Toute similitude avec un prof d’anglais qui parcourt l’octoblog serait purement fortuite.

Ainsi, vos journées sont celles d’un lycéen japonais à Yasogami High School :  cours divers avec des profs barrés (celui d’anglais sent le vécu), où vous devez répondre à des questions améliorant vos stats, mais aussi participer à des clubs sportifs, musicaux – dont l’un des objectifs est de renforcer son réseau d’ami et bien sûr de pêcho ! A ce titre, punaise, j’ai été fort : je me suis débrouillé sans le vouloir pour séduire l’intello juvénile coincée du groupe de musique et m’embrouiller avec la bonasse du lycée – arf quel boulet.

L’entretien du réseau d’amitié est donc primordial : il a un impact sur le gameplay du jeu en vous permettant de débloquer des invocations plus puissantes, tout en progressant dans la trame principale (modifiant aussi la fin du jeu). Bref, on se prend au jeu d’aller à la plage l’été avec certains de ses amis, dans le wallmarket du coin pour siroter un soda ou faire du shopping ! L’idée géniale du jeu (parmi tant d’autres, tellement ce jeu en fourmille), est que votre vie est rythmée par ses multiples activités (pêle-mêle : jardiner, manger au resto du coin, assurer la plonge dans un bar à hôtesse, aller au temple du coin ou encore rendre visite à une inconnue à l’hôpital) et selon un calendrier hebdomadaire, l’alternance diurne/ nocturne (certaines activités sont possibles ou non selon le moment) et au gré des saisons ! Ainsi, le héros ira à la plage en été après les examens qu’il aura passés, fera du ski en hiver ou se prépara pour la fête d’Inaba (avec visite au cimetière, puis aux nombreux stands durant la fête pour déguster des plats typiques). Vous l’aurez compris : vous êtes face à une véritable preuve d’amour pour le joueur passionné du Japon, merci Atlus.

Perso.. quoi ?

Entrons dans le vif du sujet : le scénario. Arrivé dans cette petite ville – en apparence – tranquille d’Inaba, vous vous rendez compte qu’il se passe de curieux évènements le soir à minuit sur le canal d’une chaîne locale qui diffuse des émissions présentant la face cachée d’une personne qui, si rien n’est fait, sera retrouvée morte le lendemain matin empalée à une antenne de TV. Arrivant par mégarde dans un monde parallèle d’où proviennent ces images, le joueur doit alors arpenter un donjon pour aller sauver la future victime de son triste sort. Ces donjons sont constitués de plusieurs étages que l’on doit explorer et surtout gagner du level avant d’affronter un boss toujours assez retors. D’ailleurs, imbriquer dans un calendrier avec des évènements à respecter, si le joueur ne profite pas de ces donjons pour gagner des niveaux (où le temps s’arrête), le jeu sera de plus en plus difficile… et conduira vers un game over fatidique, faute d’avoir pu sauver sa victime à temps. À titre d’exemple, arrivant devant le boss du Sauna (niveau du Steamy Bathhouse), je me suis fait latter à un tel point que j’ai du persévérer pendant 2 jours avant de le vaincre… ben oui ayant voulu faire le kéké, j’avais opté pour « Normal » en difficulté au début du jeu ! Finalement ce combat homérique mené à son terme, me démontra que c’est bien par l’effort que l’on peut progresser (encore une belle leçon de vie offert par les JV).

Outre sa difficulté, quelle poilade cette face cachée d’un des protagonistes.

Durant les donjons, le joueur est donc amené à combattre pléthores d’ennemis visibles sur l’espace de jeu (bye, bye, le principe pénible du combat aléatoire d’un Final Fantasy VII), laissant le choix au joueur d’affronter ou pas la menace visible. Bien entendu, le joueur audacieux sera récompensé en cas de combat et poussé à l’exploration du donjon par la découvert de bonus divers (armes, potion…).

Les combats se déroulent au tour par tour, sur le modèle d’un Final Fantasy, vous devez gérer une équipe de 4 personnes au maximum, chacune possédant des capacités et une arme propre obligeant le joueur à  faire preuve de stratégie selon l’ennemi en face. En cas de difficulté, on peut enfin faire appel à une invocation (Persona) qui donne un sérieux coup de pouce.

Ces Persona se présentent sous la forme de cartes d’invocations (ressemblant à un jeu de tarot), qui cachent en faite un système de carte à collectionner, pouvant être améliorées et poussant le joueur dans une collectionnite aiguë très addictive.

Les fameuses Persona, qui sont des invocations.

Autre intérêt, celui de faire fusionner les cartes pour obtenir des Persona  avec certaines caractéristiques uniques (plus de défense, plutôt axée feu ou eau, bonus d’empoisonnement, absorption de sorts, etc.), bref ceux qui ont tâté du jeu de cartes rôliste durant leur adolescence s’y retrouveront ! Ce système est assez fou, car on passe des plombes à gérer ses Persona, à les modifier, les fusionner, réfléchir à la meilleure composition pour le futur combat. Vous avez dit, « esprit Pokémon es-tu là ? » Banco, vous avez tout compris.

Level 99 ? Punaise elle envoie du lourd : matez ses caractéristiques de combat de ouf.

Si ce jeu est autant accrocheur, outre les aspects cités ci-dessus, son fond y est pour beaucoup. Le jeu soulève bon nombre de questions et présente au joueur les peurs, angoisses liées à l’adolescence, que nous avons tous connues – certes à un degré moindre qu’un élève japonais lambda – que cela soit celles du déclassement, de l’exclusion d’un groupe ou encore de l’identité en gestation (personnelle, sexuelle…).

Ha oui, c’est vraiment de la J-Pop, vous voilà prévenu.

Enfin, comble du bonheur, le jeu est servi par une bande-son de folie, mêlant de la pure J-pop à des morceaux plus classiques (piano, envolée lyrique) composée par Shoji Meguro, avec au chant Shihoko Hirata. Pour vous dire, je l’écoute dans ma caisse le matin en allant au boulot ! Pour clore cette présentation,  je ne peux que vous conseiller de découvrir l’excellente émission musicale Pixels Radio Show consacrée à ce titre et à sa bande son  (ép. #29 à cette adresse).

Et vous quels furent vos jeux jap’ de folie sur Vita ou autres supports ?


Mon verdict enflammé pour ce jeu, direct.

octo coulocto coulocto coulocto coul

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5 réflexions sur “ [Jap’ in love#38] De l’aventure sur PS VITA, honneur aux visual novel et à Persona 4 ”

  1. Super ! Décidément je suis à la traîne pour les jeux Jap… J’avoue que celui où on joue un avocat a piqué ma curiosité. Mais attention à ne pas dénigrer les grandpapy-gamers ! D’une, j’en suis pas loin (biologiquement et potentiellement parlant). De deux, ce sont des propos que tu pourrais regretter dans quelques années, car les filles s’y mettent plus tôt ! Et oui, on sera la première génération à revendiquer ce titre tôt ou tard (idée à creuser).

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  2. Quand même t’y va fort… on a de la marge avant de basculer dans l’ère des pulls chandails et des petits marmots de nos petits marmots, en tout cas moi j’ai de la marge avec mes petites zelda (HEUREUSEMENT !). Pour Ace Attorney, as-tu une DS ? SI c’est le cas je peux te le passer, franchement très sympa.

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  3. Tiens tiens le parfait article de Blog alors même que P5 vient de sortir
    Parfait complément en tout cas avec le précédent Post sur le retour en force du jeu JAP 😉
    Je n’ai fais aucun de ces jeux ultra Japonisant…
    Malheureusement pas de VITA donc P4 restera pour moi inaccessible 😦
    Par contre la sorti de la compile Danganronpa 1-2 Reload me donne bien envie de me mettre à cette mode du visual Novel avec la belle critique tu en fais

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