[Test#31 : la beauté faite jeu] Muramasa Rebirth

Ha l’Orient ancien et la culture japonaise …. trip de bien des trentenaires élevés aux mangas animés diffusés sur la première chaîne dans les années 90 et la découverte ensuite de l’univers des mangas papiers. L’ouverture culturelle de ces outils fut une formidable démonstration de l’incubation du soft Power nippon dans bien des esprits de petits’n’occidentaux. En effet la découverte d’une nouvelle culture, religion, folklore ou histoire fut pour ma part le début d’une boulimie envers l’Asie… L’achat du remake grandiose de Muramasa (sortie sur Wii) sur PS Vita en 2013 me fit irrémédiablement de l’œil – et ce dernier fut tellement gâté – qu’un avis s’imposait !

Fille ou garçon ? 

Posons le cadre : dès le début le joueur se trouve devant le choix du personnage, que cela soit la fragile Momohime, princesse possédée malgré elle par un démon assoiffé de puissance (Jinkurô) ou le sombre ninja amnésique (hé oui, on n’y coupe pas) Kisuke. Suite à ce choix, les deux personnages ne débutent pas au même endroit et ne rencontrent pas les mêmes boss – sans parler que leur progression narrative, sera différente. Pour l’instant, j’ai opté pour la jeune Momohime et me tâte de le recommencer avec l’autre personnage, car l’histoire semble déjà longue : à ce jour j’approche des 10h.

Premier conseil : ne pas lâcher le jeu avant d’en avoir avalé 2h-3h car le personnage traverse des décors magnifiques (j’y reviendrai) mais parfois vides, donnant l’impression d’aller-retour abscons. Heureusement que ces passages où l’on se contente de courir sont perturbés parfois par des scènes de combats qui gagnent en intensité avec la montée en niveau des armes du personnage. Et là, le plaisir est instantané : en effet, l’aspect de quête (pour Mohomine retrouver une épée démoniaque pour que son envoûtement prenne fin) donne lieu à un J-RPG intéressant : éponyme d’un grand forgeron japonais du XVIIe siècle contemporain de l’histoire du jeu (durant L’ère Genroku entre 1688-1704), Muramasa est basé sur la création d’une multitude d’épées (avec chacune leurs avantages ou inconvénients), soit 108 en tout ! Ainsi, on peut choisir l’une de ses lames (soit trois lames) durant les combats, et le joueur doit prendre garde de ne pas les briser, à force de les solliciter sur… les ennemis.

En effet, la lame fait à la fois office d’arme offensive, mais aussi défensive (avec toujours la même touche, d’ailleurs le gameplay est vraiment aux petits oignons, c’est très bien ficelé) et l’épée choisie s’use progressivement… . Bien entendu, il est possible grâce à de nombreux items (placé dans un menu fouillis et complet) de réparer ces épées, chose classique comme dans n’importe quel J-RPG. Les combats sont assez nerveux, et le personnage peut réaliser de nombreuses chorégraphies, à faire rougir le film Tigre et dragon, où l’on s’envole dans les airs avec les ennemis à l’écran qui se font prendre un nombre calculable de mandales, notées à l’écran par « un combo » qui devient exponentiel. L’ensemble assez jouissif fait penser à un Bayonnetta ou un Devil May Cry.

 Un bon beath’em all, contemplatif ma petite ‘dame

L’un, si ce n’est pas LE point principal du jeu, est son aspect visuel qui pour ma part m’a totalement séduit. Le joueur est littéralement bouche bée devant un tel soin apporté à l’environnement du jeu, qui est une véritable estampe vidéoludique. Véritable hommage aux plus grands peintres japonais (Hokusai entre autres), chaque décor est l’occasion d’une explosion de couleurs, de tonalité hyper travaillée et d’un vrai travail des graphistes et autres caracter design. Outre les ennemis (les boss gigantesques sont dignes d’un Dragon’s crown, on voit la patte de Vanillaware ici !), les décors s’animent et vivent : ici un cerisier qui perd ses fleurs, là des damnés marchant dans les flammes de l’enfer ou encore là-bas, une mer déchaînée en arrière-plan. Bien souvent on s’arrête pour observer un coucher de soleil, entendre le bruissement du vent dans les arbres ou discuter avec les centaines de PNJ qui participent à l’immersion du joueur. Bref, le joueur retrouve avec plaisirs ces milliers de petits détails qui procuraient l’étonnement dans les jeux 2D de la (grande) période Neo-Geo et consoles 16 bits, ajoutant de la profondeur à un jeu qui caresse aussi le système auditif avec des ambiances sonores très réussites (le vent dans les bambous !). Quelques petites illustrations pour les amoureux du Japon ancien et traditionnel :

Une campagne verdoyante et poétique.
L’enfer et son univers dément..
Soleil couchant et contemplation existentielle
Dédicace au plus grand créateur d’estampe japonaise : Hokusaï (cette image m’a fait acheter le jeu !)

On en prend donc pleins les mirettes, et on se laisse porter par cet univers onirique, puisant dans la nostalgie d’une période passée où se mêle démons, divinités cruelles et sexy, comme peut être représenté ce Japon mythologique dans bon nombre d’esprit, dont le mien et autres amoureux de Torii 😉 Je suis vraiment bluffé par cette petite Vita et ses capacités visuelles : quoi la N3DS, kézaco avec ces affreuses textures dignes d’une Nintendo 64 sur du Xenoblade ?

Quel carnage ce Xenoblade sur N3DS… diantre, je l’ai acheté.

La Vita est bien une grande console comme le prouve ce jeu (et d’autres), qui flatte la rétine du joueur en lui donnant le meilleur de ce que peut lui offrir une vraie console de salon portable (oui pour moi c’est ma définition de cette console, quel pied de jouer partout – sans être trop éloigné d’une prise quand même – sur des jeux aussi beaux et immersifs).


—– pour creuser le sujet ….

Ici un très bon podcast de HBGD sur ce jeu : http://www.hautbasgauchedroite.fr/podcast.php#P65 (00:12:26 leur avis sur Muramasa Rebirth (Vita) par Vanillaware)

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4 réflexions sur “ [Test#31 : la beauté faite jeu] Muramasa Rebirth ”

  1. J’adore ce jeu, découvert par hasard sur Wii… Il a grandement influencé la suite de mon jardin zen, j’en parlerai très bientôt.

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  2. Encore un jeu que tu m’as carrément vendu !
    Le possédant sur WII je m’en vais de ce pas la déterrer de son placard et lancer ce petit bijou (même si l’expérience à l’air plus ébouriffante sur la vita :/)

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