[Matosbirthday #10] : Ma Game Boy, liberté chérie j’écris ton nom

« Oh yeah, GAMEBOY ! Et vous …vous jouez où avec LE vôtre » … En martyrisant les règles les plus élémentaires de langue française, sur un rythme lancinant et des images kaléidoscopes, cette pub offrait aux yeux du jeune téléspectateur le défilement d’improbables situations de jeu, restées dans bien des mémoires 25 ans après. Hé oui, vous n’êtes pas sensé être passé à côté (vu le battage médiatique hors-norme autour, même dans … Le Monde, c’est dire), ce lundi de Pâques qui était l’anniversaire des 25 ans de la glorieuse console portable de Nintendo sortie sous nos latitude un certain… 21 avril 1989.

Revenons un instant sur cette campagne de pub : il faut imaginer la campagne monstrueuse que Nintendo a orchestrée autour de sa nouvelle console portable : TV, presse jeu vidéo et stands d’essai dans les magasins, tout cela appuyée par les cours de récré’, devenant de véritable agora de démonstration autour de l’objet à prix abordable et surtout avec une ludothèque annonçant des lendemains qui chantent. Cependant, bien que le nombre de jeu au départ fut faible, Nintendo eut le génie d’imposer – car livré avec – le célèbre casse-brique Tetris. Avec un scénario écrit sur un papier à cigarette,  son génial concepteur soviétique, Alekseï Pajitnov fit un véritable clin d’œil à la guerre froide agonisante, comme le démontre [attention spoiler] la fin des niveaux où s’envole une fusée/ navette spatiale, symbole de la lutte entre bloc communiste et bloc occidental. Point donc de princesses à sauver, de monstres à occire et autres références pouvant repousser des parents portemonnaies, qui avaient là un moyen de partager un loisir avec leurs descendances et … y trouver un certain plaisir, voire honteusement squatter la console de leurs propres progénitures… parents indignes, va !

Ancêtre des Candy Crush de nos smartphones actuels, bien que cela représente l’antithèse de ce qu’est un jeu vidéo pour moi (l’imaginaire est bien maigre dans ce type de jeu), l’addiction de ce puzzle game fut un brillant coup marketing de Nintendo. En sensibilisant les parents portemonnaies au support, Big N poussa à l’achat d’autres jeux plus adaptés à leurs enfants dans un second temps, et entraîna une logique de consommation. Surtout que le prix des jeux, moins chers que le support de salon, ne pouvait que plaire aux parents qui retrouvaient également pleinement l’utilisation de la TV familiale et, de surcroît, bénéficiaient d’une nounou transportable pour les longs voyages en voiture et sur les plages d’été.

un concept révérencieux, Anarchy in my family !

Avec du recul, Nintendo (et le papa de la console Gunpei Yokoi) m’a surtout marqué par l’intelligence de son concept autour de sa console : permettre à tous joueurs n’importe où, n’importe quand – notamment quand la TV familiale n’était pas disponible – de dépasser les interdits familiaux : le soir, sous la couette ou dehors loin d’une prise grâce à sa capacité fantastique à l’époque de 10h à 15h de jeu. Bon certes, n’oublions pas que l’écran monochrome très économe en pile était non rétroéclairé, et fut un vrai calvaire après coup … un soleil trop prononcé, une absence de lumière artificielle (lampe de chevet) étaient de vrai frein à une utilisation courante et simplifiée. Bien que cela fut l’occasion pour nombre de joueur, dont moi, d’investir dans les loupes éclairantes qui loin de faciliter la vue alourdissait l’objet, sans parler de son opposition à l’idée d’être portable. Les sirènes du marketing et des produits dérivés commençaient à poindre leur nez, déjà … hélas !

Tout est dit dans cette image

Autre problème, l’absence de piles neuves sous la main (faute d’un adaptateur secteur pour ma part ou de piles rechargeables, bien que les deux existaient), entraînant une capacité d’adaptation du jeune joueur : qui n’a pas tenté de pousser jusqu’au bout les capacités des piles, notamment lors des week-end chez papy/ mamie, face à la diminution de la led rouge signe de l’agonie prochaine de la batterie en mettant le contraste à fond ou en plaçant (même pas peur) les piles sur le chauffage de la maison pour gagner quelques minutes de jeu …

Ainsi, ce qui me toucha personnellement, c’était le début d’une forme d’émancipation que représentait ma Game Boy : je pouvais désormais jouer quand je le voulais (bon si les parents étaient d’accord quand même 🙂 ) 5mns, 1h, 4h et surtout hors de la maison !

alors LE ou LA Game Boy ?

Compris les morveux ? On arrête de châtier la langue de Molière, foi de professeur Oak

Petit point grammaire à cet instant de l’article, car oui je sais lecteur, cette question te brûle les lèvres, t’empêche de trouver le sommeil compensateur et de vivre sereinement ta vie : alors LE ou LA Game Boy ? Et bien si l’on s’en tient aux notices Nintendo, qui préféraient utiliser le terme masculin (propre à la langue japonaise ?), le débat fit rage à l’époque, et encore de nos jours… pourtant, au vu de la pratique de notre langue bien souvent hasardeuse dans bon nombre de blogs, sites web ou dans la presse papier encore en vie (preuve que le brevet des collèges finalement est une épreuve plus symbolique qu’autres choses 😉 ), la règle est simple : le nom et son déterminant doivent correspondre en genre, donc pour résumer on peut proclamer : « la (console) Game Boy » comme on dirait « un (ordinateur) portable » ! Vive le féminin dans ce cas là, bien plus logique et bien moins ridicule.

Enfin, objet devenu culte, car tellement nostalgique de ce temps que passèrent dessus des jeunes et moins jeunes, bien souvent trentenaires/ quadragénaires aujourd’hui, la Game Boy digne héritière des années 90, trouve de nos jours une réutilisation loin de son but initial, le jeu. Désormais, utilisée comme objet vintage dans les pubs, coques de smartphones, objet musical pour une Bubbly Fish ou encore support du Pixel’art … la console de Nintendo a bien marqué une génération, et je lui déclare ici ma flamme  : merci pour ces heures de bonheur hier et … aujourd’hui parfois 😉

Game Boy, collection 2014

Pour changer un peu des blogs où l’on parle d’une console que finalement on ne possède pas (arf, arf), voici ma petite collect’ personnelle de la belle qui me séduit toujours, 25 ans après :

La VRAIE, la seule, l’original(e)
Et en boite, siouplaît, version Kirby (et pour 45 euros, love it)
Une version backlight maison, enfin du confort !
Une autre version custom, backlight aussi : Japan forever 1/2
La même de dos 2/2
Pocket, pocket complète … mais toujours sans couleurs
En couleurs mais sans rétroéclairage … des émotions lors de son achat avec Pokemon rouge.
Enfin, l’aboutissement de la série : montrer ce que les ingénieurs de Nintendo pouvaient faire dans la poche avec des couleurs-rétroéclairées de DINGUE
Photo de famille, souriez …

Et vous, vous jouez où avec LA vôtre ?

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4 réflexions sur “ [Matosbirthday #10] : Ma Game Boy, liberté chérie j’écris ton nom ”

  1. « les piles sur le chauffage de la maison pour gagner quelques minutes de jeu … »

    Alors celle la je ne la connaissais pas lol

    Merci pour ce petit retour en arrière avec un des monuments du jeu nomade et les prémices du Casual Gaming pour tous (beau parallèle avec Candy Crush)

    Dommage tu ne nous en apprend pas des masses sur les jeux qui t’ont emmené jusqu’au bout de la couette 😉

    Perso je n’ai jamais possédé cette console, je l’ai pourtant désiré ardemment mais j’ai uniquement le jeu World Cup sans la console (mon père avait au final mis son véto…)

    Un lien vers un de nos petits article sympa lui rendant hommage ==>

    https://anotherretroworld.wordpress.com/2013/06/29/game-boy-la-puissance-au-creux-de-ma-main/

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