[RétroTest #11] Super Metroid (SNES)

Je sais, elle est facile

Super Metroid, deux mots, cinq syllabes légendaires pour bien des trentenaires… Et pourtant, comment ai-je pu passer à côté d’une telle légende à sa sortie le 28 juillet 1994 en Europe ? Est-ce en raison d’une sortie estivale et d’une couverture indolore dans la presse papier ? Est-ce en raison de mon année où j’ai eu mon brevet et par la même le droit (enfin) d’avoir une mob (103 SP toute une histoire) … sûrement. Cependant, je viens de combler ce vide pour tout joueur qui se respecte, un peu comme un fan de SF qui n’aurait jamais mis les yeux dans un livre de Herbert (Dune) ou de Ray Bradbury (Chroniques martiennes), ou Aldous Huxley. (le meilleur des mondes). Rétro test en action !

Ayant découvert cette licence sur Gamecube avec Metroid Prime, l’ambiance m’avait bien botté à l’époque, d’autant plus que la puissance de cette si belle console donnait au jeu un aspect graphique très soigné, porté par une musique reflétant l’hostilité et la froideur des lieux visités. Et faut dire que si j’avais bien aimé le jeu sur GC, je n’ai pas eu à l’époque la curiosité de voir ces itérations passées. Là, je tiens à dire merci à la Caz’rétro et à leur podcast #42 spécial Super Metroid, car je me suis pris d’intérêt pour ce jeu, suite aux commentaires enjoués des podcasteurs présents (Suby’ et autres Mika’).

Déjà la préférence nationale, si ce n’est pas triste tout cela

L’espace infini et sidéral, déjà bien avant du Mass Effect qui a popularisé les conflits entre races galactiques (voire plus si affinité, hein Sheppard ?), Metroid ouvrait la question de la stabilité des relations entre espèces et la nécessité d’une police galactique, notamment face aux attaques en règle d’un groupe de terroriste non barbu, mais bien moche les … « pirates de l’espace » (ouais, avec un tel nom pas de doute, la terreur s’installe). Suite des épisodes sortis sur NES/ Game Boy (voir ici pour le synopsis des épisodes passés), vous incarnez de nouveau Samus Aran, la légendaire chasseuse de primes, car oui, vous êtes une femme. Ce détail, intéressant, car novateur dans un jeu vidéo en 1994 – n’oubliez pas que Mario devait sauver toujours la même cruche qui se faisait enlever et ré-enlever par ce vicieux de Bowser (étrange, ces enlèvements à répétitions), et que donc la promotion d’une gente féminine émancipée n’était pas à l’ordre du jour dans le jeu vidéo dans les nineties. Mais ce détail précurseur n’était connu qu’à la fin du jeu pour les joueurs occidentaux, tandis que nos compères nippons en avaient la primeur en cas de game over, priorité aux nationaux Mr Nintendo ? Déjà la préférence nationale, si ce n’est pas triste tout cela. Enfin, je m’égare, revenons à nos pirates.

Bon, bien sûr qui dit immensité galactique dit également planète inconnue et population indigène tout autant. Et c’est là qu’entrent en jeu les fameux metroid, larves extraterrestres (d’apparence cnidaire.. une méduse quoi) créées par une race évoluée disparue les Chozo. Ces larves disposent de pouvoirs terrifiants et sont donc récupérées, tels des Saddam Hussein en puissance par nos pirates de l’espace dirigés par Mother Brain leur chef. L’analogie irakienne n’est pas de trop, car leur objectif est d’en faire de terribles armes de destructions massives (et la fin du jeu est un cliffanger digne d’un film, enfin pour un trentenaire cela fait bien sourire).

Une pub qui aurait claquée non ? Bon un peu anachronique mais tellement vrai…

Vous voilà donc au centre de l’intrigue, l’ambiance est posée dès l’intro, vous vous échappez du laboratoire en détresse où la dernière larve est dérobée par le second couteau de Mother Brain, le ptérodactyle cadavérique, Ridley (oh le clin d’oeil à Ridley Scott… papa du xénomorphe Alien, le 8e passager). Le poursuivant, vous débarquez sur Zebes la planète des fameux pirates, l’exploration d’un monde souterrain GIGANTESQUE vous attendant.

Votre arrivée, sous une pluie battante, ambiance.
Bon, je ne vous pas mis celle avec touts les items (voir plus bas).

Le monde à explorer est gigantesque, on va à gauche/ à droite, en haut/ en bas, on revient à un endroit déjà visité, car on ne disposait pas encore de l’amélioration permettant de passer par ce tunnel ou cette porte trop haute. Metroid fait donc appel à une certaine logique, et sans mentir au joueur qui pouvait rager sur un « mais c’est impossible, y a un bug ou quoi … » et non, pas de bug mais un jeu intelligemment construit. Par exemple, j’étais bloqué dans un lac de lave, impossible de remonter à la surface pour accéder au combat contre Ridley : j’ai tout essayé, par la technique de saut, notamment ce fameux « wall jump » qui permet de prendre appui sur un mur et de ressauter, ou encore par le biais des bombes que l’on transporte et qui font ressauter le personnage dès leurs explosions… bref ceux qui ont tâté du jeu comprendront l’enfer de cette prise de tête pour accéder à cet écran ci-dessous.

Enfin, passé !

Résultat : 3h pour rien, car il fallait …. trouver la bonne amélioration (space jump) qui permettait de s’envoler en tournoyant sur soi-même …. et confidence pour confidence, c’est à cela que l’on voit un bon jeu : point d’énervement, car le joueur sent la main du maître derrière (en la personne de Gunpei Yokoi, père de la Game Boy et producteur ici, et le laboratoire de recherche R&D1 de Nintendo) : TOUT est calibré petit scarabée, tu n’as qu’à t’entraîner. Le joueur n’est pas ridiculisé, mais poussé à mériter ce jeu. Ce dernier pousse le joueur à se creuser la tête :  si je passais par ce mur ? Si je mettais une bombe ici… pour aller là ? Et si j’explosais ce tunnel en verre pour aller au-dessus ? ? Tiens, si je regardais mon environnement pour comprendre ? Ainsi pour la technique du Wall Jump, le joueur la découvre en passant devant de petits singes verts (les Multiviolas pour les puristes) qui lui montrent en arrière-plan du jeu, et non dans un bien gros et lourd tuto… comme de nos jours.

Spéciale dédicace aux énormes boss du jeu, qui ne sont pas placés bêtement à des carrefours mais doivent-être trouvés après plusieurs heures d’explorations. On plonge alors avec délice dans les affres de la plateforme 2D et ces énormes sprites.

Bon j’avoue qu’internet facilite désormais grandement la démarche, grâce aux nombreux tutos, surtout vidéo comme ci-dessus et qui n’existaient pas en 1994 ! J’image le jeune ado de 12 ans de l’époque … pas simple pour tout faire et  tout trouver (la foison des passages secrets, d’items est un hymne au meilleur des jeux de plateforme de l’époque). Je pense que le fait de vendre le jeu avec un guide n’est pas anodin – qui d’ailleurs tient plus du récit que de la soluce, on sent ici l’amateurisme dans sa réalisation, même s’il n’empêche qu’il apporte un plus à l’expérience du jeu.

Je n’ose imaginer le prix de ce lot.

Cette démarche autour d’un guide n’est pas propre à Metroid, comme le prouve d’autres séries (surtout des RPG comme Secret of Mana, Illusion of time ou Secret Of Everymore). La crainte étant de dégoûter le jeune joueur devant la complexité des niveaux et la profondeur du jeu (pour les curieux, le guide est consultable ici en format jpeg). Je n’ose imaginer les appels à SOS NINTENDO ou la consultation de l’ancêtre d’internet, le minitel pour avancer dans le jeu  … chez de nombreuses familles, France Telecom a du engranger des fortunes monstrueuses !

allô, quoi ?! 3 francs/mins

Comme vous l’avez compris, j’ai surkiffé ce jeu, et après 12 heures de pratique (fini à 73% grâce à cette carte détaillée mise sur mon ipad, et qui tel un gamepad me permettait de me retrouver sans m’exciter dans le jeu), j’ai pu le boucler par un combat homérique contre Mother Brain (clin d’œil encore au patron de Nintendo, Hiroshi Yamauchi) avec ma fille sur les genoux, absorbée par la dextérité de son père ;).

Super Hemoroid quoi

Pour ceux qui sont tombés sous le charme du jeu … attention, un bémol. Car désormais, ce qui coûte le plus avec ces jeux légendaires … c’est leurs prix pour y jouer ! … Car là on tombe dans les pires travers du rétrogaming : les prix de malade pour ces jeux qui bénéficient d’une telle aura. En effet, étant donné sa diffusion limitée, Super Metroid fut vendu en Europe avec son guide de jeu (en français), donnant au jeu en 2014 l’accès à des prix de malades : du 50 € en loose à plus de 150 € en boite, voire plus de 250 € sous blister .. tchâo bonsoir, Super Hemoroid quoi. C’est pourquoi, après le dépulzonnage de ma snes relaté ici, j’ai opté pour une version japonaise, dans une boite impeccable étant donné que le jeu est en anglais comme la version européenne. Bref, en plus de l’avoir complet dans mes étagères, je bénéficie d’une vraie version 60hz et similaire à la version euro, que demande le peuple ? Y jouer bien sûr !

Publicités

5 réflexions sur “ [RétroTest #11] Super Metroid (SNES) ”

  1. Ah punaise comme tu m’a donné envie de me replonger dans ce jeu mythique. Du coup j’ai repris le WII U gamepad, le casque vissé sur les oreilles, et je me le refais. C’est fou de voir comme ce jeu traverse le temps et qu’il ne vieillit pas.. La 2d est vraiment intemporelle .. et je me prends à rêver d’un nouveau Metroid sur WII U ….

    Aimé par 1 personne

  2. Castlevania Symphony of the Night (et tous ses successeurs en 2D sur game boy) est basé sur le même système. J’ai été frappé par la similitude de la MAP… Ca manque un peu des jeux comme ça, encore qu’on a les Zelda qui entretiennent la flamme.

    Aimé par 1 personne

  3. Très bon retour plein de fun fact /trivia sur visiblement un monument de la Snes
    Jamais possédé la console ni fais aucun opus de la saga
    Apparemment tous les épisodes confondus entre GameCube GBA et autre WII forment une chronologie touffue et tissent un univers plus complexe qu’il n’y parait…

    J'aime

  4. Par contre pour Les Chroniques martiennes c’est l’ami Ray Bradbury

    Sinon je suppose que tu voulais parler de Aldous Huxley a lui écrit le chef d’œuvre « Le Meilleur des mondes » ?

    🙂

    J'aime

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s