Le temps qui file, qui perdure ou disparaît …

Depuis un certain temps, une sensation me trotte dans le paddle lorsque que je joue sur du rétro. En effet, depuis mon premier Game & Watch aux générations 8bits/ 16, 32bits et vers l’infini, le jeu vidéo n’a de cesse de m’ouvrir un monde nouveau fait de sprites toujours plus beaux, d’effets à me faire décoller la rétine et d’histoires qui de simples se sont complexifiées en demeurant toujours attachantes.

Plongeant à corps perdu dans cet environnement au début de mon adolescence, puis sans la coupure – comme bien des joueurs le firent à l’époque – des premiers z’amours de lycée (comme quoi lier le paddle au french kiss cela fut possible :). Bref je passais du Game Boy, à la Master system, Megadrive puis Snes et enfin l’ère PS One du collège au lycée. Cette évolution technologique contribua à transformer les jeux auxquels j’ai pu jouer grâce à des supports nouveaux donnant lieu à une révolution graphique et sonore dantesque [hé oui, piqures de rappel pour les jeunes paddaones qui baignent désormais dans la HD et le son dolby, sans connaître cette ère délicieuse du mono/ stéréo, des prises péritels de merde et des sprites carrés et colorés]. Cependant, si ces transformations évoluèrent sur la forme [sans parler du gameplay avec la révolution sixaxis, merci Sony pour la 3D], une autre plus profonde sur le fond se fit jour également.

D’un jeu limité sur un écran [comme les game watch], le jeu vidéo pu élargir sans cesse mon angle de vision : d’un écran étroit comme sur un Space invader ou Popeye [repompé honteusement par Nintendo avec son Donkey Kong], je me vis proposer toujours sur l’Atari 2600 de mon cousin mon premier déplacement sur plusieurs tableaux dans des jeux d’aventure [dont les noms m’ont échappé]. Mon histoire du jeu vidéo personnelle s’est donc construite par les nouvelles occasions offertes par ce média et des possibilités sans cesse renouvelées : un Super Mario Bros  ou un Sonic furent tous deux une nouvelle dimension donnée à mon imagination, grâce au choix indirect d’un chemin détourné pour finir les stages, me poussant sans cesse à trouver mon propre chemin [comme au-dessus d’un mur de brique dont le joueur pense à tort qu’il n’est pas infranchissable… qui ne se souvient pas de son premier émoi face aux warp zones improbables d’un Mario Bros 1, 2, 3 trouvées au hasard de nos pérégrinations ?].

Mario Bros 1

Cependant, l’un des changements majeurs pour moi, au-delà de l’élargissement du public du jeu vidéo, de son intrusion dans toutes les couches de la population et de sa reconnaissante progressive comme une expression artistique, fut celle de l’immersion qu’il me procurait/ procure et procurera. Bien entendu, je ne dois pas oublier qu’étant trentenaire, il est certes nécessaire de prendre en compte un recul et une maturité basés sur des expériences passées et actuelles [vidéoludiques ou autres] qui ont transformé mon approche. En effet, je rejoue toujours avec plaisir à ma Snes ou Megadrive, sur un Street of rage ou un Megaman X [dont je viens de faire l’acquisition en version US, faute d’un portefeuille blindé pour une version française  à 150 euros en boite …. malades, malades sont certains]. Mais un curieux sentiment m’apparaît, outre la difficulté qui peut parfois être rédhibitoire [quoi il faut recommencer TOUTE la mission ? Merci Tommy Vercetti !], le gameplay dont on a perdu l’habitude [punaise, mais où est la sauvegarde ? Ha y’en a pas pour Kid Chamelon et ses … 90 niveaux ?], bref ses aspects sont des évidences quand on replonge dans le rétro … mais la maturité aidant, on se retrouve face à des jeux qui finalement sont basés sur des sessions courtes, intenses, et de nos jours me semblent vraiment étroits, alors qu’à l’époque j’étais sidéré par leurs longueurs ! Cependant, il serait réducteur et de mauvaise foi de mettre toutes les cartouches dans le même panier, car le sentiment de satiété vis-à-vis des jeux dépend de leur rejouabilité [faute de trophées, la recherche de warpzones, d’items supp’ est un vrai défi] et de leur genre :  les j-rpg pour ne citer qu’eux, proposent des mondes vastes qu’il serait injuste d’oublier. Pourtant, pourtant … des mondes somme tout limités, en particulier par le support cartouche [même si l’on parle d’un Chrono trigger ou du magnifique Zelda III].

L’immense monde d’Hyrule [sans parler du monde parallèle] … bientôt de retour le 22 novembre 2013 ! J’ai hâte.

Et là, est une des révolutions du jeu vidéo : les possibilités offertes par le support CD-ROM en terme d’immersion visuelle, sonore, sans parler des scénarios plus complexes et matures [FFVII, l’énorme Morrowind ou encore GTA] puis DVD, actuellement Blu-Ray … et demain avec la fibre pour le démat’ ? Cette évolution m’a accompagné, et désormais il est bien dur de revenir en arrière et je m’en rends compte : refaire un ancien jeu rétro, en particulier les jeux 3D qui ont le plus mal vieilli [les graphismes old school nintendo/ sega sont éternels en raison d’un aspect crayonné ?], cela peut m’agacer sur certains aspects [en particulier le gameplay] voire, je le confesse me rebuter [je pense à la série de Tomb raider ou encore GTA que j’apprécie pourtant … sauf le dernier épisode en raison du tapage de marteau autour].

Car, notre média en prenant de la bouteille est devenu plus mature, il s’adresse en fait à un public qui a vieilli avec lui, et je serais curieux de savoir comment un jeune ado voit le jeu vidéo actuel, ancien et surtout futur bien qu’à notre lointaine époque, on ne se posait pas toutes ces questions . D’ailleurs pour moi, jamais je ne me suis pas demandé du haut de mes 12/ 16 ans, si mon loisir vidéonumérique deviendrait une passion avec forme de collectionnite aiguë plus tard … bien que cela m’aurait permis de m’enrichir honteusement en pillant les vides greniers des jeux jugés désuets dans les années 80-90 🙂

Que conclure de cela ?  Etre gamer, est-ce avant tout vivre avec son époque ou défendre un puéril « c’était mieux avant » ?  Il me semble qu’en faite notre passion permet de relier ces deux idées opposées. Le jeu vidéo se réinvente constamment, élargi sans cesse son approche et propose du rêve à la hauteur de la maturité de son public, par un réalisme toujours plus poussé (l’immersion d’un Skyrim est impressionnante) mais sans pour autant cracher sur un passé riche et basé sur un fort affect nostalgique.

Toi aussi, un jour, devient un fier nordique chasseur de dragon.

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