GTA V : trop de comm’, tue le plaisir du jeu … quel gâchis.

À part vivre dans une grotte – ou être allergique aux réseaux sociopathes avec un penchant médiaphobe – vous n’êtes pas sans savoir l’arrivée imminente sur tous les étals de France et de Navarre (voire jusqu’à Beijing), de la 5e itération du studio de Rockstar : GTA V (5 pour les ignares). Concluons tout de suite : vite le SAMU, une sévère overdose menace le vrai gamer et sa passion : beurkkkkkkkkkkkk.Veuillez m’excuser pour cette autémésie passagère, mais franchement, on a beau radoter sur les connexions multiples et variées entre le 7e art et le 9e art (le 8e étant la BD ?), bref entre le cinéma et les jeux vidéos, mais dans le cas de la sortie des GTA cela prend la forme d’une promotion gerbante d’un blockbuster US porncorn. Bon, d’autres séries ne sont pas exemptes de campagne médiatique (les Call Of par exemple), mais GTA reste un cas d’école à part : flyer dans les aéroports, affiches géantes sur les façades de buildings, du métro, campagne de pub massive à la télévision, sans parler des réseaux sociaux et de la complaisance coupable de bien des sites web qui trouvent l’occasion du clic facile et sûrement des retombées publicitaires inespérées. Comment ne pas citer Gameblog.fr qui a battu des records « stratosphériques » lourdingues en terme de flux RSS, twitos sur ce seul GTA 5 ? D’ailleurs, soi dit en passant, tout cela est bien triste pour un site qui apportait un certain vent de fraîcheur et qui prend depuis quelque temps une tournure bien éloignée de ses débuts prometteurs.

Je suis fatigué devant ces tsunamis médiatiques stériles

Beurkkkkkkk !

Comment ne pas être écoeuré de tout ce remue-ménage autour d’un titre qu’il est vrai (jusqu’à preuve du contraire, faute de l’avoir en main) titille la rétine, excite l’imagination et s’adresse à un public mature (enfin des scénarios qui ne prennent pas le joueur pour un attardé boutonneux qui se « peluche plus de 4 fois par jour »(sic Usul Master pour les connaisseurs ;). Mais cet emballement m’a quand même conduit à annuler ma préco sur un site en ligne et même, alors que j’avais la possibilité de l’obtenir pour 43 euros, de laisser tomber l’affaire !… Franchement, je suis fatigué devant ces tsunamis médiatiques stériles qui dénaturent une œuvre vidéoludique par l’avalanche d’images, de trailers, de comm’ dessus jusqu’à satiété. Je dois dire que finalement les déclarations des créateurs de la série sont en phase avec leurs promotions obscènes : reconnaissant l’influence de la société américaine sur leur poule aux œufs d’or, on peut dire que finalement les sirènes du marketing capitaliste nord-américain ont été aussi totalement englobées jusqu’à l’écœurement, voir l’indigestion dans leur jeu. D’ailleurs, tout devient objet de communication sur le jeu : la taille (est-ce que cela compte ?hm) du jeu, les éventuels bénéfices en $ calculés avant sa sortie (et rapportés par … Gameblog, CQFD), le nombre de véhicules (terre, mer, air, …) les habits, le nombre de couleurs, de sprites, de musiques et sans parler les rumeurs racoleuses (y aura-t-il des viols ? Des headshot ? Des écrasements de femmes enceintes ou de prises d’otages dans une école ?) et autres scandales qui alimentent à la fois le rejet et l’attrait de ce jeu. Ce triste procédé est d’ailleurs vieux comme le monde, comme les prouvaient les mises à l’Index de l’Eglise cathocolique. Par ce biais, cette censure servait de pub gratuite pour bien des œuvres littéraires ou cinématographiques (dont l’une des pires ratées fut de populariser le film érotique Emmanuelle – non, pas la sœur, l’autre – dans les années 60).

L’explosion des moyens de communication accentue ce phénomène et le rend inquiétant sur un point : il transforme le jeu vidéo en un produit non plus seulement culturel (par le plaisir qu’il procure, la découverte apportée), mais désormais de masse avec le risque de devenir sans saveur, sans odeurs (une bonne comm’ remplace le contenu du jeu finalement pour les plus mauvais), pourri par le fric. Contrairement à ce que peuvent penser certains (-troll alerte-), je ne fais pas l’apologie d’une culture boboprout-prout parisienne du média, réservée à une élite, mais finalement que le jeu vidéo devienne si présent voire autant exposé, est-ce que ce dernier est si gagnant que cela, contrairement à l’adage répété jusqu’à la corde par un commentateur connu « il a déjà gagné, mais il (le JV) ne le sait pas encore ». Outre leurs aspects consuméristes revendiqués, les médias me donnent l’impression de forcer le joueur, de créer une envie artificielle surjouée qui finalement produit chez moi un rejet, voire une répulsion viscérale. Notre passion, qui par certains aspects peut se révéler plus politique qu’elle n’y paraît par les  questions que certains jeux soulèvent (Deus Ex, Bioshock et bien sûr GTA pour ne citer que ces jeux qui me viennent à l’esprit à l’instant), en étant promu de la sorte, redeviennent de simple galettes jetés aux hordes affamés de cons-om-matteurs zombifiés, ce qui finalement m’énerve le plus : punaise depuis des lustres on tentent de donner une autre image des loisirs vidéo numériques, plus mature, voire artistique n’ayant pas peur des mots et voilà que la société de consommation bousille tout …. de nouveau. Franchement, si c’est ça la « victoire » du jeu video … c’est une sacrée victoire à la Pyrrhus.

Big Brother a dit  » achète,  con(somme) … » Hé,  tu la sens ma quenelle ?

Bien sûr, la promotion des jeux vidéos est loin d’être une nouveauté, souvenons-nous les campagnes de pub dans la presse spécialisée des années 80/ 90, quand la presse papier représentait un acteur incontournable pour les éditeurs (qui savaient grassement les choyer par voyages, cadeaux et autres enveloppes, ce qui désormais se répercutent sur bien des sites web, quand l’on voit les bandeaux de pub à foison). Certes, les pubs papiers mais aussi télés – bien que faisant rêver le jeune joueur que j’étais (voir ici mon précédent post) – étaient loin d’être exceptionnelles dans leurs approches (ici une bonne critique de ces pubs par Benzaie et son mythique Hard corner) :

être libre de ses choix

Je pense que ma passion du rétrogaming me sauve de cet écœurement grâce à cette joie de me construire ma propre histoire des jeux vidéos, loin de toutes sirènes marketing hurlantes (et surtout éloignée pour l’instant des mass médias, mais pour combien de temps ?). De plus, grâce aux cercles de passionnés qu’internet a mis en relation, cette passion trouve un terreau fertile d’émulation et renouvelle son attrait à chaque découverte … Même si ce petit monde s’agrandit chaque jour avec ses avantages, il ne faut pas se voiler la face devant bien des déceptions (le prix des jeux par exemple qui flambe à cause des nombreux ratisseurs qui ont flairé tels des parasites, les possibilités de profits immédiats et scandaleux). Finalement ma seule concession à GTA qui demeure une grande série que j’affectionne ? Rejouer à Vice city (et quel pied) et attendre que la bulle se dégonfle pour l’acheter en occaz’ moins cher, en dehors de tout bourrage de crâne, quand je l’aurais décidé : bref être libre de mes choix.

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11 réflexions sur “ GTA V : trop de comm’, tue le plaisir du jeu … quel gâchis. ”

  1. Ben alors, ca va pas? Une indigestion de GTA5 surement! 😉
    J’avais vu ton message Twitter où tu disais que t’en avais marre de la comm de GTA5. Faut passer au dessus de tout ça, aujourd’hui c’est comme cela que ca se passe. Bourrage de crane, « t’en vaut pas, t’en auras encore »… C’est bête que ça t’affecte autant. Le principal c’est que tu fasses quand même le jeu, même plus tard. Car le jeu est très bien finalement.
    J’aurai préféré qu’ils fassent l’impasse sur la current gen, mais bon, ils sont pas fous ^^

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  2. Heureux que cet article fasse autant de réaction, car bien entendu ce n’est pas le jeu le souci mais les mouches à m**** médiatiques autour qui ont fini par me gaver d’un si bon jeu ! Je suis vraiment écoeuré de la sphère journalistique, qui pire que des pisseuses s’enflamment d’une manière hystériques et toujours aussi peu matures !

    Pour Megaman, n’ayant pas de Wii (quand même faut pas déconner 😉 j’ai tenté une version gamecube, mais elle hors de prix et pour la version PS2, le souci elle n’est qu’en NTSC et ne passera pas sur ma PS3 ! Dommage que la version X ne soit pas jouable sur la 3DS ?

    Et chapeau pour ta nuit GTA ! 2h de sommeil ? Pfuiiii tu as du être frais au boulot !

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    1. Une PS2 slim pucée ça doit encore se trouver non pour supporter le NTSC? Enfin si c’est pour un jeu…
      Dommage que les comptes WiiU et 3DS ne soit pas unifiés (Nintendo dit qu’ils y travaillent, c’est une news de cette semaine). Pouvoir jouer à Mother 2 et Megaman X sur 3DS serait cool.
      Puis pour GTA, j’aurais pas du dormir, c’était encore pire qu’une nuit blanche. Pis faut que j’arrête les nuits blanches, je me fait vieux… 🙂

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  3. J’aime bien cette renaissance de ton article … 1 année après. Et la conclusion, toujours d’actualité, là où le retro-gaming fait office de défribrilateur du jeu vidéo. En y repensant; je ne vois que Kingdom Hearts 2.5. HD ReMIX pour cette fin d’année! 🙂

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  4. Moyen la buzz autour d’un GTA, clair. CA me rappelle la polémique autour de la sortie du dernier Tomb Raider, il y a quelques temps :
    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/613373-tomb-raider-crossroads-viol-vengeance-et-gang-bangs-dans-le-jeu-video.html
    Mais est-il sorti d’ailleurs ? J’avoue que du coup j’en ai fermé mes écoutilles – réaction saine de temps en temps. Bref, avec ces nouvelles moutures, on est loin des découvertes des premiers opus et des grandes révolutions vidéoludiques. Alors oui, la com’ compense, forcément.

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  5. Bon Alors tu as fini par tempéré ton agacement et te prendre ce monument de l’open World ?
    Perso quand j’ai envie de ne rien savoir d’un jeu j’esquive tout simplement toute news dessus et basta 🙂
    C’est comme ça que j’ai pu découvrir Uncharted 2 & 3 en toute fraicheur

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    1. Bon étant ce soir couche tard comme toi, je te réponds ! Oui je suis revenu sur ce jeu, car finalement, on peut dire ce que l’on veut sur Rockstar, c’est …. toujours du Rockstar ! Depuis le n°3, j’aime cette série, mais pour le n°5 cet emballement m’avait vraiement écoeuré, comme je l’ai fait ressentir dans ce post … résultat je l’ai pris en occaz plusieurs mois après, une fois le buzz retombé ! Niqué le capitalisme, hein ! Plus sérieusement, le jeu m’a bien plu notamment la finition du jeu (scénario à la Tarantino), son univers de fou (et quelle grandeur folle !). La qualité du jeu n’est pas remise en cause, mais ce système médiatique qui tue la surprise…. alors la retraite monacale, ultime solution ?

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