[Papygeek #2] : les pubs (1990′)

Ha, quelle source d’inspiration inépuisable, le merveilleux site abandonware.org… Grâce à ces passionnés, il est possible de mettre nos mains boudinées, sur des collections immenses de magazines d’époque qui nous ont fait bavées pendant des jours et des jours après les avoir dévorés. Hé oui, il y a 20 ans internet n’étant qu’un fantasme de James Cameron avec son Skynet, il fallait ATTENDRE 30 jours (une fois le ‘zine dévoré), pour avoir la prochaine parution et son lot de nouvelles fraîches, d’images, du rêve quoi. Seules les pages de pubs nous permettaient d’entretenir le feu de l’envie et de la passion…. .

Sauriez-vous décrypter le message subliminal de cette pub … Imaginons, les réunions pour faire cette campagne … ils ont dû carburer pas qu’au co…ca !

Peut-être que les jeunes d’aujourd’hui n’ont plus de modèles, parce que c’est nous leur modèle… (Mad Men Saison 1 Episode 04)

1990 : époque bénie des pubs de jeux vidéos. Imaginez une déferlante télévisuelle, papier, flyers qui faisait aussi les grands bonheurs (palpables en billet de 500 francs) des supports et devait parfois orienter les notations de certains jeux … Doritos gate avant l’heure avez-vous dit ? Perso, un Populous sur Master System qui se récolte du 90%, jamais compris … m’enfin, revenons à nos moutons numériques. Comme le dit si justement un Don Drapper, la pub doit créer un désir et la rareté d’informations sur l’objet, l’attente interminable pour obtenir une nouvelle photo, des détails d’un jeu/ d’une console était savamment entretenue par les limites techniques de l’information des années 90 faute de temps réel … oubliez internet, twitos et autres réseaux sociaux quelconques ! Bien que lecteur assidu de Player One, plutôt que Console + ou Joypad, les différentes chapelles avaient toutes pour point commun d’avoir les mêmes pubs dans leurs canards respectifs. Les boutiques, dont un bon nombre ont déserté les rues désormais (fuiiii… quand l’on pense aux seules boutiques d’import aujourd’hui disparues .. R.I.P.), nous faisaient saliver d’envie devant des jeux récents ou des machines inabordables pour le simple gamer mortel … Ha la pub de la Nec Turbo Express (PC Engine) GT, « The Roll’s of portable » à 2450 francs (+ de 373 €). Certes, elle dévorait des tonnes de piles – la puissance était à ce prix – mais quelle claque cet écran couleur à matrice active qui ne bave pas (oh la Lynx d’Atari, quelle ho/erreur !) et  qui enterrait les portables plus populaires comme celle de maître Sega (Game Gear) et celle du plombier moustachu italien (Game Boy). Cependant, il faut reconnaître que son prix rédhibitoire l’a tué : la vision latérale défendue par l’inventeur du Game Boy, Kunpei Yokoi, a remporté cette manche (ne pas s’enfoncer dans une course sans fin à la puissance vite chère, limitant les acheteurs potentiels). Là, on ne peut pas reprocher à Nintendo son manque de vision, son Game Boy avec sa montagne de jeux et son prix abordable (590 Frcs … – de 90 € !). Il a ainsi dominé le marché portable pendant de longues années… et toujours d’ailleurs (et ce magnifique objet a pris pied devant mon bô sapin de noël … un certain 25 décembre 1991, ha la nostalgie). Mais bien plus que ces catalogues de jeux, les pubs les plus marquantes demeurent celles réalisées pour FAIRE vendre le produit.

La publicité est l’une des plus grandes catastrophes des deux mille dernières années pour ceux qui aiment la littérature. (99 F, Octave)

Ces pages alimentant un besoin de consommation vénielle ont été lues, relues, rerererelues par des générations de gamers mais elles étaient rien face aux campagnes de pub télévisuelles ou papiers bien plus passionnantes…

1) Les pubs télé

Ainsi, on assistait à une vrai confrontation entre distributeurs : un Sega misait sur le côté Bad boy de sa Megadrive avec son punk qui en prenait plein la tronche (la pub sur Sonic m’a fait tourné la tête pendant des mois)…

Tandis que Nintendo insistait sur la portabilité exceptionnelle de son Game boy (et avec quelle musique entraînante !) :

Certaines déchiraient, que cela soit du point de vue du jeu ou de la B.O., à tout seigneur …. Metroid :

Il est vrai heureusement que l’enrobage du produit (lié à une série diffusée comme les Tortues Ninja ou Dragon Ball par exemple), permettait de faire passer des petits défauts ultras énervant en évitant soigneusement de les montrer (une difficulté mal dosée, des graphismes laids ou du clipping de malade à faire devenir nyctalope un aveugle).

2) Les pubs dans la presse

Perso, c’est celles-ci qui m’ont le plus marqué : peinard sur son lit en train de siroter un Tang orange (et accessoirement perdre un rein en raison de la composition de ce breuvage aussi naturel que peuvent l’être les seins d’une Nabila) ou de s’empiffrer de kinder, on en prenait plein les mirettes. Certaines agitaient la curiosité, le mystère et l’excitation comme un Zelda III sur Super Nes. Quel jeu, et une pub pas mensongère pour une fois … .

D’autres pub jouaient sur un registre plus mature, certaines étant assez… explicites et s’adressaient à un public pubère pas très finot (pour d’autres exemples voir le blog de spirit lan).

D’autres étaient plus trash, Sega ayant la palme (surtout pour les anglo-saxonnes que j’ai découvert récemment), punaise fallait oser….

Que restera-t-il de ces pubs sur internet dans 10, 20 ans … rien.

Il est vrai que l’on peut s’étonner de nos jours du côté fade des pubs, il faut dire que le lectorat de la presse papier s’étant tellement étiolé, désormais les supports numériques (avec leurs possibilités) sont les nouveaux terrains de jeux des campagnes promotionnelles. Mais franchement, ces campagnes sont bien moins culottées, fines que celles de la décennie des 90′. Elles tentent de se calquer sur une construction cinématographique par une foison d’affiches grand format ou de trailers catastrophes (mais où est le fun propre au jeu, le gameplay et surtout l’originalité ? Ce qui n’empêche pas d’être admiratif devant le trailer d’un Dead Island, qui n’en camoufle pas moins un jeu médiocre…).

De plus, que restera-t-il de ces pubs internet dans 10, 20 ans … … rien faute de support pérenne, là et peut-être le drame, déjà que la surconsommation de jeu nuit au souvenir d’un jeu (voir l’article de sieur Huyjo) , il est sûr que ces pubs vite vue, vite oubliée dans l’esprit des joueurs et vite jetée des serveurs … ne marqueront pas une génération comme le fut celle de la presse papier. Et vous vous en pensez quoi ?

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